L'animisme (du latin anima âme) est une croyance ou religion selon laquelle la nature est régie par des âmes ou esprits, analogues à la volonté humaine : les pierres, le vent, les animaux. Il se rencontre surtout chez les sociétés traditionnelles comme en Afrique, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, en Sibérie ou en Océanie, mais aussi chez les enfants.
Le mot animisme a été inventé par le médecin allemand Georg Ernst Stahl pour réfuter la séparation platonicienne, puis cartésienne, entre le corps et l'âme et y opposer une vision de l’âme couvrant tout l’être humain. C’est uniquement par la suite que les limites sémantiques du mot vont inclure des synonymes comme paganisme.
Le biologiste Geoffrey Miller a montré que les chances de survie des humains étaient grandement augmentées s’ils développaient un mécanisme permettant de projeter des intentions sur les objets de leur milieu (en particulier bien entendu autres humains et animaux divers) pour prédire leurs réactions. Cette disposition a donc été favorisée par la sélection naturelle et l’animisme pourrait en constituer une conséquence.
Dans les pays scandinaves, il existe un fond animiste en parallèle au christianisme.
Les sociétés animistes peuvent être monothéistes ou polythéistes. En effet, on peut considérer qu’il y a une âme dans chaque objet et croire en un dieu créateur unique.
On distingue deux types d’animisme majeurs :
Edward Tylor est l’un des premiers sociologues à avoir établi une théorie intéressante sur l’animisme. Aujourd’hui, ses théories sont discutées, mais il n'en reste pas moins que le tylorisme a posé des concepts de base primordiaux qui ont permis de mieux définir et cibler l’animisme.
Ainsi, l’animiste croit en l’existence d’esprits ou de génies cohabitant avec les hommes et qui lui sont révélés chaque jour par des événements mystérieux participant à sa vie quotidienne.
Lors de rêves, fièvres ou sous l’effet de drogues, l’animiste considère qu’il se scinde en deux parties : le corps qui subit les altérations d’état, et l’âme, qui s’en échappe pour aller dans un ailleurs. Le sujet vit des événements fictifs, voit des choses qui n’ont pas lieu mais, pour l’animiste, si ces visions existent là, sous ses yeux, à des moments particuliers de sa vie, alors elles existent en permanence dans un ailleurs, de façon indépendante à lui-même. Il y a donc pour l’animiste deux réalités : une tangible et corporelle et une autre intangible issue du domaine des esprits.
exemple marquant : le fait que l’on puisse voir lors de visions l’image d’êtres morts prouve que les morts existent toujours sous une autre forme après la mort.
En partant de cette conception de base, on comprend rapidement le cheminement conceptuel établi par l’animiste : si un individu peut se dédoubler (puisque l’homme peut fréquenter les deux réalités), alors l’homme possède une part de lui-même qui peut aller où bon lui semble, dans le passé, le futur et ailleurs même. Cette croyance concerne d’ailleurs aussi les animaux, végétaux et objets (conclusion logique, puisque ceux-ci existent aussi dans nos rêves : cela signifie qu’ils existent aussi dans le monde spirituel). Cela a rejoint les préoccupations d’Elisabeth Kübler-Ross sur les expériences de mort rapprochée.
Cependant, les théories de Tylor sont remises en question dans la hiérarchisation même des différentes pensées religieuses qu’il avait tenté d’établir.
Ainsi, le sociologue, bien qu’ayant réussi à définir et à tracer les contours de la réflexion animiste, a tenté de poser sur celle-ci une pensée typiquement mosaïque. Pour le tylorisme, le monothéisme serait alors la conséquence des pensées animistes. Il ne s’agirait dès lors plus d’une intuition ou d’une vision de Dieu, telle qu’elle apparaît aux animistes, mais d’une intellectualisation de la pensée animiste.
La hiérarchisation de Tylor s’effectue en ce sens :
Il n’est cependant pas rare de rencontrer au sein même des civilisations animistes un dieu primordial, antérieur au restant des esprits, et donc une pensée de type monothéiste. Dans la mythologie grecque (dans sa conception hésiodique) : le perfectionnement des dieux grecs va même vers une multiplicité et non une unicité de ceux-ci. Au début de la Cosmogonie, il n’y a que deux divinités primordiales, tandis que par la suite le panthéon s’élargit de façon considérable, spécialisant le rôle de chaque divinité...
James George Frazer et Marcel Mauss vont à l'encontre des théories tyloristes, en dressant une distinction nette entre le culte des esprits et les religions, cultes de divinités qui se situeraient « sur un autre plan ».
L’animisme, à la différence des religions, ne tente pas de rassembler les peuples ni ne se soumet à une vérité seule et indivisible. Les animismes sont multiples. Ils possèdent des analogies, mais aussi des différences chez des clans peu distants géographiquement. À ce titre, il est bon de signaler que les totems n’ont pas fonction d’icônes ni d’idoles, mais de lien symbolique entre la nature et le sacré.
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