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Athéisme

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L'athéisme désigne un mode de pensée excluant la croyance en l'existence de divinité(s), s'opposant ainsi au théisme ou au déisme.

Sommaire

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Définitions

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Étymologie

Le mot athéisme apparaît au XVIe siècle (première mention : François de Billon, Le Fort inexpugnable, 1555). Il dérive du mot athée et du suffixe -isme et qualifie donc « la doctrine de l'athée ».

Le mot athée (dans sa version française), remonte également au XVIe siècle (première mention : Jacques Peletier, Œuvres poétiques, 1547). Le mot vient de l'acception chez Platon de l'adjectif grec atheos [Αθεος (Ière décl.)] « qui ne croit pas aux dieux » (les dieux grecs) qui sera repris en latin chrétien par atheos « qui ne croit pas en Dieu » (le dieu biblique).

L'athéisme peut donc être défini étymologiquement comme « l'état ou l'attitude de celui qui affirme la non-existence de Dieu », dans un contexte monothéiste, ou plus généralement, comme « l'état ou l'attitude de celui qui affirme l'inexistence des dieux ».

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Sens moderne

Autrefois, en Europe, l'Église (chrétienne) appelait athées ceux qui ne respectaient pas ou que partiellement ses dogmes. De nos jours, avec le développement des médias, les termes du langage acquièrent rapidement des sens élargis et on assiste à certains amalgames. C'est ainsi que l'on parle volontiers d‘athéisme pour décrire l'agnosticisme, le rationalisme, l'incroyance ou encore, le rejet de toute religion. À l'inverse, l'Église (catholique) tend parfois à limiter l'athéisme au matérialisme pur.

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Athéisme et agnosticisme

L'agnosticisme, (du grec a, privation, et gnosis, connaissance), est l'attitude selon laquelle ce qui dépasse les apparences sensibles (c'est-à-dire ce qui relève d'une connaissance des réalités dites métaphysiques) est inconnaissable, et qui, de ce fait, refuse de prendre position quant à ces questions. Ainsi, à la question « existe-t-il un dieu ? », l'agnostique répondra qu'il ne peut pas et ne pourra jamais savoir, alors que l'athée répond catégoriquement « non, dieu n'existe pas ».

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Athéisme et rationalisme

L'athéisme ne rejette que l'existence des dieux (par exemple l'existence d'êtres supérieurs ayant un pouvoir sur le fonctionnement de la nature et la destinée des Hommes, selon une définition possible des dieux). Il ne rejette pas forcément l'existence de phénomènes dits "irrationnels".

Le rationalisme, lui, ne tient pour vrai que les hypothèses rationnellement défendables, ce qui n'exclut pas la possibilité de la foi. En effet, l'impossibilité même de prouver l'existence de Dieu a été tenue pour un motif sérieux de croyance : « Credo quia absurdum est », « Je crois parce que c'est absurde » (Apologétique, Tertullien).

Par conséquent, un athée n'est pas nécessairement rationaliste ; les rationalistes quant à eux peuvent adopter des attitudes très variées à l'égard de la foi : soit qu'ils croient après une analyse ayant conduit à l'existence de Dieu comme meilleure hypothèse, soit qu'ils s'abstiennent de se prononcer, soit qu'ils réfutent toute existence du divin...

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Athéisme non-négationniste (qui ne se réfère pas à un dieu)

Pour Émile Littré, l'athée est, « celui qui ne croit point que Dieu existe. » et ajoute que « les Grecs distinguaient les prénoms athées (par exemple Platon) et les prénoms théophores (par exemple Dionysios) ». Un prénom "athée" est donc simplement un prénom "laïc", qui ne se réfère pas à la religion.

Cet exemple est représentatif d'un courant de pensée qui tend à réduire le champ de l'athéisme de « celui qui ne croit pas aux dieux » à « celui qui croit que les dieux n'existent pas », ce dernier point de vue étant la démonstration d'une démarche intellectuelle plutôt qu'un refus pur et simple.

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Athéisme et libre-pensée

Il faut également distinguer athéisme et libre-pensée. Un libre-penseur essaie de se détacher de tout dogme et de ne poser aucun a priori sur la connaissance. Un libre-penseur est donc athée au départ, et il peut le rester à l'arrivée de sa réflexion, mais il peut aussi aboutir à la conclusion qu'un certain type de divinité existe (et d'autre non).


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Les athéismes

L'athéisme est l'absence de croyance aux dieux. Nous devons d'abord définir ce qui est entendu par "dieux". Il y a donc deux attitudes athées possibles :

Ces deux attitudes sont parfaitement illustrées par l'anecdote suivante : en 167 après J-C., à Smyrne, saint Polycarpe fut accusé d'athéisme dans un acte officiel romain. L'accusateur entendait par là que celui-ci ne rendait pas de culte aux dieux et en particulier à l'empereur (alors divinisé de son vivant). Conformément à la règle qui voulait qu'on laissât à l'accusé une chance d'abjurer son erreur, on lui demanda de crier « Mort aux athées », ce que fit Polycarpe, mais d'une façon montrant clairement qu'il désignait ainsi ses accusateurs (il fut aussitôt traîné sur le bûcher). Polycarpe affirmait que l'Empereur existait mais, trop commun, qu'il n'était pas un dieu.

On pourrait donc considérer divers athéismes suivant les différents concepts rejetés ("je ne crois pas en ce dieu-empereur" comme dans l'exemple ci-dessus ou "je rejette l'existence du Dieu biblique" comme cela est le plus souvent le cas dans l'athéisme actuellement le plus répandu.)

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L'athéisme humaniste

La négation de l'existence de Dieu ou des dieux et la négation de la possibilité de savoir s'il y a une telle existence soulèvent le problème de l'origine et de la fondation des valeurs suivies par l'homme. Une réponse possible, l'humanisme philosophique, consiste à faire de l'homme son propre critère, prenant ainsi en quelque sorte la place du divin. La formule la plus célèbre de cet humanisme : « l'homme est la mesure de toutes choses », formule de Protagoras, signifie que les valeurs humaines s'élaborent par la confrontation des discours, en dehors de toute référence à un dieu (Platon répondra dans les Lois que « le dieu est la mesure de toutes choses »). Cet humanisme interrogateur, relativisant les apparences et les croyances qui en découlent, a été exprimé de façons variées depuis plus de deux mille ans, du scepticisme tolérant des grecs antiques aux thèses engagées du baron Pierre d'Holbach.

Pour l'écologie humaniste (ou humanisme environnemental), le rapport au divin n'est pas une négation, il est seulement ouvert et interrogateur. Il y a logiquement un fait créateur, puisque nous existons, mais y a t'il un créateur unique assez extérieur à l'environnement observable pour ne pas y être scientifiquement mis en évidence, alors que tant d'autres phénomènes le sont? Une entité créatrice originelle extra-humaine, voire extra-universelle, n'est pas impossible, mais quelles sont alors ses caractéristiques? Dans le doute, comment lui donner une forme, une conscience, une expression, particulières? (extraits des "Discours sur l'écologie humaniste", de Marc Carl, édition 1997).

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L'athéisme scientifique

Napoléon : Et Dieu, dans votre système ?
Laplace : Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse

À l'époque où les connaissances scientifiques (plus particulièrement celles concernant les mécanismes de l'univers) en étaient encore à leurs balbutiements, le principe d'économie penchait plutôt en faveur du religieux qui apportait des réponses simples à comprendre aux questions complexes de l'humanité : la complexité était simplement renvoyée dans "l'autre monde", le monde divin .

Mais, inversement, depuis quelques siècles, la pensée athée se base également sur les sciences, pour écarter et même réfuter l'existence de Dieu(x).

L'exemple le plus pertinent est la théorie de l'évolution : elle permet de rendre compte de la complexité des êtres vivants sans intervention extérieure, divine, sans "grand horloger" pour règler l'impressionnante machine que constitue la biosphère.

Par ailleurs, l'anthropologie, l'ethnographie, plus généralement toutes les sciences de l'Homme permettent d'expliquer les concepts religieux sans recourir à l'explication d'une intervention divine, ces concepts et le culte acquérant alors une valeur essentiellement symbolique, didactique, et sociale.

La science permet donc maintenant de construire une pensée aussi compléte que la pensée religieuse sans intervention de Dieu(x).

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L'athéisme philosophique

L'attitude des philosophes à l'égard des croyances religieuses de leur temps a toujours été ambiguë et fut souvent mal perçue par les autorités politiques et religieuses. Rares sont en effet les philosophes, qui à l'instar de Pascal, ont fait le pari de considérer l'existence d'un dieu telle que celle-ci peut être révélée par une tradition écrite. C'est pourquoi Pascal parle avec mépris du Dieu des philosophes, expression ironique, puisque ce Dieu, comme le Dieu de Descartes par exemple, est si métaphysique qu'il ne paraît plus pouvoir se comparer que de loin au Dieu de la Bible. En effet, lorsque les philosophes reprennent l'idée de Dieu ou du divin à leur compte, ils la transforment à ce point qu'elle peut se trouver en contradiction avec la foi ou la tradition, et semble quelquefois se confondre avec l'idée de nature (Baruch Spinoza). À quelques nuances près, la réflexion philosophique occidentale tend en général à naturaliser le divin, à le ramener dans le monde, préparant ainsi la voie à un certain athéisme.

En ce qui concerne l'athéisme philosophique proprement dit, dont on trouve l'origine chez le philosophe grec Démocrite, il s'appuie sur des arguments variés, du domaine du relativisme, du rationalisme, du nihilisme, et même de la morale. L'athéisme refuse de postuler l'existence d'entités dont l'existence n'est ni prouvée ni observable, et souligne également l'immoralité éventuelle de cette existence (La seule excuse de Dieu, c'est qu'il n'existe pas, Stendhal). Il n'y a pas d'arguments valables pour soutenir la croyance en l'existence d'un dieu quelconque, qu'il soit conçu par l'homme (anthropomorphique) ou qu'il soit une abstraction métaphysique. Une partie de ce point est reconnue par Pascal lorsqu'il dit que l'argument ontologique ne convainc que ceux qui croient déjà. La croyance en un être surnaturel et suprême peut alors être suspectée de cacher quelque dévaluation implicite de la vie humaine, une expression de l'abandon des hommes à leurs craintes et de leur espoir que « quelqu'un » veille tout de même sur eux.

Les philosophes suspects d'athéisme, d'impiété ou d'hérésie furent parfois persécutés. Les Athéniens brûlèrent les livres de Protagoras et offrirent une récompense pour qui le tuerait. Platon observe dans ses écrits une sorte de black-out sur le matérialiste Démocrite. Cicéron, en revanche, rappelle qu'à son époque plus personne ne croit réellement qu'Atlas porte la voûte céleste sur ses épaules.

En 1600, Giordano Bruno fut brûlé pour sa théorie sur la pluralité des mondes habités, ainsi que des philosophes accusés de panthéisme. À partir des Lumières, qui s'inspirent de l'antiquité gréco-romaine, et jusqu'à aujourd'hui, plusieurs philosophes parvinrent à disserter avec liberté sur l'hypothèse de l'existence de Dieu ou des dieux, soit pour la remettre entièrement en cause, soit pour la reformuler. À titre d'exemple, la critique nietzschéenne du christianisme soulève la question des fondements théologiques de la morale, critique qui aboutit à la négation de valeurs immuables et à la thèse de l'immoralisme du devenir, thèse également défendue par Spinoza. L'œuvre de Spinoza (notamment le Traité théologico-politique et l'Ethique) propose une philosophie matérialiste radicale et constitue l'une des critiques les plus remarquables du phénomène religieux.

(Pour un exposé didactique sur la philosophie de Spinoza et son impact historique, voir Les Lumières radicales. La philosophie, Spinoza et la naissance de la modernité (1650-1750) (Editions Amsterdam, Paris, 2005)).

Citons Bayle, Holbach, Diderot, Schopenhauer, Stirner, Feuerbach, Nietzsche, Sartre, Comte-Sponville, Jiddu Krishnamurti, Albert Jacquard, Michel Onfray.

La réflexion philosophique ne conduit pas nécessairement à l'athéisme, elle peut aussi s'orienter vers le scepticisme ou agnosticisme, qui constate tout simplement l'impossibilité de se prononcer sur l'existence de dieu ou sa non-existence. Le sceptique ne veut en effet formuler aucune hypothèse dogmatique, ce qu'il exprime par l'expression pas plus ceci que cela (attitude cousine de l'hindouisme), ce qui se laisse reformuler ainsi : « je ne suis certain ni qu'il y ait des dieux ni qu'il n'y en ait pas »

L'athéisme philosophique n'est pas seulement la négation de l'existence de Dieu, mais la destabilisation de son statut de deité : Nietzsche : "Comment? l'homme serait une bourde de Dieu ? ou Dieu une bourde de l'Homme ?" (Le crépuscule des idoles)

En Europe, l'athéisme philosophique est la première forme d'athéisme qui fut tolérée par les autorités catholiques et la première reconnue par les intellectuels comme un athéisme positif. Le Dictionnaire de l'Académie française (8e et 9e édition) définit d'ailleurs seulement l'athéisme comme une « doctrine philosophique qui nie l'existence de Dieu ».

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L'athéisme spirituel

Bien que spiritualisme et athéisme puissent sembler être deux notions antinomiques, elles ne le sont pas forcément. Si l'on considère l'athéisme comme la négation de l'existence des dieux, elle n'empêche en rien la croyance à d'autres formes de pensée abstraite. Ainsi, des religions dont les dogmes ne font pas intervenir la notion de divinité, peuvent, dans une certaine mesure, être considérées comme athées.

On peut citer, par exemple, le Panthéisme naturel.

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Religions orientales

Pour un esprit occidental, la question de la définition de la divinité apparait (naturellement) au premier plan : faute d'une définition homogène de cette divinité, il est impossible de décider catégoriquement si les religions orientales (bouddhisme, jaïnisme, taoïsme, vedanta etc.) en sont bien (on préfère parfois les considérer comme des philosophies), et si oui, athées ou non.

Cette absence de définition homogène provient en grande partie d'une mauvaise connaissance du terrain religieux oriental de la part des Occidentaux qui l'abordent en général uniquement par les textes, on pourrait même dire uniquement par certains textes.

En fait, leur longue histoire, l'importance du nombre de leurs pratiquants, et parfois l'étendue géographique de leur domaine (bouddhisme et dans une moindre mesure taoïsme) les ont démultipliées en un grand nombre de variantes. Le bouddhisme, par exemple, présente plusieurs formes différant par le concept de la divinité et de son éventuel rôle sotériologique. On ignore en général que ce qu'on appelle le taoïsme est en fait composé d'une multitude d'écoles concurrentes se succédant sur presque deux mille ans, dont on ne connait que les principaux écrits, impuissants à représenter l'ensemble malgré leur importance. Beaucoup d'Occidentaux abordent de fait les religions orientales uniquement à travers leurs écrits philosophiques.

Ce qui semble clair, c'est que la notion de la divinité ne coïncide pas avec celle du dieu unique, transcendant, personnel et en même temps absolu des religions du livre ; la personnalisation et la tendance vers l'absolu peuvent évoluer indépendamment l'une de l'autre et l'immanence semble régner. Certaines formes religieuses ont pour figure centrale des guides spirituels, modèles à reproduire, et non des êtres d'un autre univers agissant sur le monde.

Certaines formes peuvent être classées dans l'athéisme spirituel au même titre que le panthéisme naturel.

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L'athéisme passif

Lorsque l'athéisme n'est pas dicté par la raison, on parle d'athéisme passif ou d'athéisme faible. En fonction du niveau de conscience, cet athéisme peut être issu d'une simple sensation intuitive ou bien être aussi dogmatique qu'une doctrine religieuse. Ce type d'athéisme peut avoir des origines très diverses, souvent influencé par le milieu familial ou culturel. Si on admet que l'enfant embrasse souvent la religion de ses parents, on pourrait dire aussi sûrement qu'il embrasse souvent l'athéisme de ceux-ci.

L'athéisme passif peut avoir également comme origine l'indifférence face à la question de l'existence d'un dieu, ou encore praticité à se conformer à une opinion largement admise et mise en valeur.

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Origine de l'athéisme

En tant que simple absence de croyance, l'athéisme n'a pas d'origine en tant que tel. Toutefois on ne peut comprendre les sources de la philosophie athée jusqu'à l'antiquité grècque. Certains stoïciens étaient reconnus comme incroyants. Aristote, sait-on également, fut amené en justice sous des accusations d'athéisme.

L'ignorance et la peur comme sources de la croyance

Pour comprendre mieux l'athéisme, on peut remonter aux sources de la croyance aux dieux. Plusieurs sociologues considèrent que le besoin de dieu prend ses sources dans la peur qu'éprouve l'Homme face à l'inconnu et aux forces de la nature qui le dépassent. Il est toujours plus facile de raisonner à partir d'hypothèses établies (même arbitrairement) que dans un système d'inconnues.

Il ne faut pas perdre de vue que la croyance en des puissances de la nature vient de la peur de l'inexplicable ; les premières croyances se traduisirent par l'animisme. Pour limiter l'emprise de la peur sur la vie entière les hommes donnent une personnalité aux éléments de la nature (volcan, océan, pluie, fleuve,...) pensant que si leurs actions satisfont « les esprits » ils seront protégés. Au fil des millénaires ces croyances primitives se sont complexifiées pour engendrer des religions polythéistes aux panthéons extremement complexes.

D'autres auteurs, comme Nietzsche, suggèrent que l'illusion d'un "monde derrière le monde" engendrée par la confusion entre le rêve et la réalité serait à l'origine des mythes concernant l'après-vie. Chez les aborigènes australiens, le "temps du rêve" est considéré comme un univers co-existant; on retrouve bon nombre d'exemples de ce phénomène. Cette illusion d'une seconde réalité serait donc à l'origine d'une philosophie dualiste, où, comme le soutenait Platon, le monde perçu est un pâle équivalent du vrai monde qui se trouve dans l'au-delà.

L'augmentation du savoir humain laisse-t-elle une place à la religion?

Aujourdhui, l'ignorance a régressé et les croyances se limitent le plus souvent en l'existence d'un au-delà et en une explication de l'origine du monde. Cette régression de la foi n'est pas uniquement liée au progrès scientifique, il faut aussi tenir compte du rejet des abus des religions monothéistes, tel ceux de la papauté pendant la Renaissance (fastes du Pape, plusieurs morts de maladie vénérienne, vente d'Indulgences,...) qui ont conduit à sa remise en cause, donnant naissance au Protestantisme, mais aussi à des versions de plus en plus affaiblies de la foi chrétienne (panthéisme, agnosticisme, Déisme) et provoquant un regain d'atheisme.

En outre les guerres de religion entre catholiques et protestants, ont motivé de nombreux intellectuels contre la prédominance de la religion dans les affaires humaines, et pour la tolérance religieuse, dont bénéficièrent aussi les athées.

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Athéisme et monothéisme

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Athéisme et judaïsme

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Athéisme et christianisme

À l'époque où le christianisme dominait la vie sociale (spirituelle, politique, intellectuelle, scientifique, etc.) d'une grande partie de l'Europe, l'athéisme était généralement considéré comme le rejet de cette religion en particulier. Bien que cela ait été le cas de certains athées humanistes (en opposition notamment aux Croisades et à l'Inquisition), l'antichristianisme ne représente qu'une petite frange des athées. Mais il faut signaler aussi l'importance de l'antichristianisme des Lumières, antichristianisme qui ne fut pas toujours athée comme chez Diderot (Voltaire en est l'exemple le plus illustre), et qui se trouvait mêlé à divers mouvements (y compris athées) de lutte contre les dogmes de toute religion.

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Athéisme et islam

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Politique et islam

Les relations entre l'athéisme et l'islam ont toujours été difficiles du fait même que dans la plupart des pays de l'Islam (considéré en tant que culture et écrit avec un grand "I"), l'islam est intégré au tissu même de l'état et de la société. En effet, le Coran est un ouvrage religieux qui fonde les bases d'une société religieuse. En Islam, la plupart des pays ne connaissent donc pas la loi de Séparation des Églises et de l'État en 1905 et n'ont donc pas de conception laïque de la société. Il est, par conséquent, souvent difficile de considérer, en Islam, un problème en dehors de sa vision islamique (à ne pas confondre avec islamiste), notamment l'athéisme.

La difficulté de parler des relations entre islam et athéisme vient en particulier du fait qu'il n'existe pas de modèle de société musulmane représentative en Islam du traitement de la question athée. Au contraire, certains états musulmans du Moyen-Orient sont des dictatures ayant instrumentalisé l'islam dans une lecture dite "fondamentaliste" et sont donc très intolérants envers les athées. D'autres pays, en revanche, sont sur le chemin d'une réforme de type laïque.

Certains voient un lien structurel entre la propagation de l'Islam et l'interdiction de l'athéisme, voire appel au meurtre des athées. La plupart des sociétés islamiques appliquaient la peine de mort pour apostasie. De nos jours la Mauritanie et l'Iran l'appliquent encore, mais ce n'est pas le cas de la grande majorité des pays musulmans.

Finngeir Hiorth, athée convaincu, indique par exemple que « Sans doute il y a des personnes intolérantes dans toutes les religions. Mais l'islam est peut-être la plus intolérante des religions déistes, bien qu'il y ait aussi beaucoup de musulmans tolérants » (source : cahiers rationalistes, avril 1996, n°504, p.17-18). Cette vision militante s'appuie sur l'argumentaire selon lequel l'islam tolère les religions du Livre, mais n'accepte pas l'athéisme.

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Athéisme et religion islamique

Du point de vue du vocabulaire, le texte du Coran condamne clairement les athées (nommés les "mécréants") ainsi que les faux croyants (nommés les "hypocrites"). Dans la tradition coranique, l'athée est moins fautif que l'hypocrite, car il est cohérent dans sa démarche de ne pas croire.

Les lectures de l'athéisme en islam sont multiples et complexes et dépendent de la lecture du Coran. Dans les exégèses classiques, très souvent littérales, l'athée est considéré comme une personne dans l'erreur la plus profonde, personne qui sortirait de son erreur en respectant les cinq piliers de l'islam. Cette approche est mise en doute par certains courants musulmans en particulier dans le soufisme, au travers des écrits de grands juristes islamiques soufis comme Al-Ghazali. Ce dernier indique en effet qu'il est inutile de faire semblant de croire et de prier si l'on ne croit pas vraiment.

Les versets du Coran, ainsi que certains hadiths de Muhammad, sont souvent utilisés comme preuves de l'intolérance de l'islam envers les athées, en particulier envers ceux qui, nés musulmans, se détournent de leur religion pour devenir athées (apostasie dans l'islam). Le Coran ne parle pas du comportement à adopter face à l'apostasie, mais indique que Dieu la réprouve. Certains états islamiques dictatoriaux ont adopté des versions de la charia condamnant l'apostasie.

On trouve souvent cités les mêmes versets :

Ces versets doivent être pris dans leur contexte et ils font l'objet de nombreux commentaires dans le monde islamique lui-même. Il est vrai que la littérature chrétienne propose en très grand nombre des condamnations des "infidèles" au moins aussi virulentes, notamment dans l'Ancien Testament.

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Objets de cultes et athéisme

L'adhérence à une sorte de "culte" est possible sans que cela ne réfère directement à une divinité. On voit parfois même émerger de véritables "fondamentalismes" sans qu'un être transcendant soit impliqué. Les croyants vont parfois capitaliser sur ce phénomène pour affirmer que personne n'est, au fond, réellement athée. Quelques exemples:

Parmi ces mouvances, rares sont celles qui se considèrent elles-même comme une religion. Inversement, on notera que des groupes qui revendiquent eux-même un caractère religieux se voient refuser l'appellation officielle de religion dans certains pays, qui ne voient dans leurs pratiques que des manifestations profanes.

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Athéisme et politique

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Athée ne signifie pas anti-religieux

Des athées peuvent accepter de coexister avec différentes religions :

note : [1] Charles Maurras, comme conscience se réclamait de l'athéisme. En revanche, il prêchait le catholicisme politique dans son mouvement l'Action Française, c'est-à-dire, que politiquement, il pensait que le catholicisme représentait l'essence de la nation française.

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Athéisme et laïcité

Les athées peuvent être prosélytes en se comportant comme de véritables prêtres d'une « a-théocratie » vis à vis de leurs concitoyens. Ce comportement naît soit imposé par la force dans les dictatures communistes soit d'un climat d'athéisme passif au sein d'un pays ayant adopté une laïcité. (ex : France d'après 1905, Turquie kémaliste). Cependant l’assimilation de cette laïcité « déviante » à un athéisme prosélyte est contestable, puisque l'objectif de cette relation entre Etat et religions est originellement le respect égal de chaque conviction spirituelle, sans volonté de favoriser l'athéisme.

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Athéisme et régime d'inspiration marxiste

À l'inverse l'athéisme fut instauré comme doctrine d'état officielle au XXe siècle notamment dans l'Albanie d'Enver Hoxha, où l'exercice de toute religion était sévèrement réprimé et où tout symbole religieux était proscrit. Les monuments religieux ont été soit détruits soit volontairement transformés de façon particulièrement ignominieuse pour la religion d'origine. Les politologues sont d'accord sur le fait que les nostalgiques de cette période sont peu nombreux...

L'URSS et ses états satellites ont également fait de l'athéisme l'un des fondements de leur idéologie. Avec plus ou moins de vigueur, ils persécutèrent les croyants (brimades, surveillance, réclusion, mises à l'écart, etc.) confinant ainsi à la semi-clandestiné le clergé. L'« athéisme scientifique » était au contraire promu par des ligues souvent très virulentes (tellement incontrôlables qu'elles furent souvent dissoutes) et faisait partie des matières obligatoitres à l'université. Toutes ces pratiques varièrent en intensité tout au long de l'existence de l'URSS. De 1917 à 1924, le régime eut une politique conciliante envers la pratique privée, alors qu'il démantelait les biens de l'Eglise. Les dirigeants étaient partagés entre la volonté d'enlever "le bandeau qui masquait la vérité au peuple" et la peur de s'aliéner les masses. La fin de la Guerre Civile et l'installation du pouvoir soviétique mit fin à cette tolérance relative. Jusqu'en 1932, le régime mena une politique répressive, marquée par de multiples destructions d'édifices religieux et des persécutions contre les membres du clergé et leur entourage. Les années trente virent un lent regain de l'organisation religieuse, ralenti par un court regain de répression pendant les Grandes Purges (1937-1938). Le changement de politique fut complet lors de la Grande Guerre Patriotique (1941-1945), qui inaugura une période de détente idéologique. Un clergé officiel fut autorisé et la charge de métropolite, abolie depuis 1925, rétablie, tandis que les musulmans recevaient quatre Directions Spirituelles, autorisées à former des mollahs et à publier régulièrement des fatwas. Après-guerre, la politique de promotion de l'athéisme reprit, mais surtout, elle se combina à un durcissement des églises officielles (les Uniates d'Ukraine furent les premiers à en pâtir). Cette divergence entraîna la création d'une hiérarchie officieuse, les « églises souterraines » et « l'islam parallèle » composé des religieux de confréries soufies. Pratiques parallèles comme cultes officiels furent une cible priviligiée de Khrouchtchev à compter de 1959, qui se positionnait ainsi en rétablisseur de la tradition léniniste face aux errances staliniennes. L'ère Brejnev fut une considérable accalmie : un compromis fut trouvé qui reposait sur le rôle des religieux à l'extérieur, notamment dans les relations avec les pays arabes. En revanche, Gorbatchev relança la politique répressive sur des bases idéologiques similaires à celles de Khrouchtchev.

Après la chute du bloc de l'est et de l'URSS, les cultes orthodoxe (Russie, Ukraine), catholique (Pologne), et musulmans (Asie Centrale, Caucase et Tatarstan) reprirent de la vigueur. Non seulement l'expression de la religiosité s'accrut, mais un grand nombre d'athées, souvent pour des raisons identitaires, se convertirent. Certains des régimes politiques issus de la chute du bloc de l'est continuent cependant la politique religieuse mise en place par l'URSS, ou du moins, à l'instar de l'Ouzbékistan, en ont conservé les méthodes.

En dépit de l'affirmation constante de son athéïsme, l'URSS ne cessa d'emprunter à la liturgie orthodoxe. Staline inaugura cette pratique en confiant les funérailles de Lénine (1924) aux bons soins de Krasine, de la secte des « Constructeurs de Dieu ». L'embaumement du défunt avait une forte résonnance orthodoxe : il faisait directement référence à l'imputrescibilité du corps du saint.

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Annexes

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Dénombrement des athées

Des estimations du nombre d'athées ont été émises :

Toujours selon cette enquête publiée dans le Wall Street Journal version européenne, 4 % des Roumains et 8 % des Grecs se disent athées. Au contraire, 49% des Tchèques et 41 % des Néerlandais se déclarent athées.

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Athées célèbres

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Antiquité

Épicure, Lucrèce, Horace ne nient absolument pas l'existence des dieux, mais posent seulement qu'ils sont si heureux qu'ils se désintéressent des hommes, d'ailleurs il faut même tout faire pour leur ressembler.

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Moyen Âge

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Renaissance

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Contemporains

Feuerbach (thèses) :


Stirner (thèses) :


Marx (thèses) :

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Citations

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Organisations explicitement athées aujourd'hui

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Lire aussi

"Je crois en Dieu, moi non plus..." (Fred Oberson) L'Harmattan, janvier 2006, 122 pages IBSN 2-7475-9826--8

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Articles connexes

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Liens externes


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