Dans son sens le plus courant, le terme croyance s'applique à l'adoption, par un être conscient, d'une vision du monde qui n'est pas fournie par l'expérience ou la science, mais par les échanges entre divers individus ou par divers textes dogmatiques. Ainsi, la croyance est l'attitude de l'esprit qui affirme, selon des degrés plus ou moins grands de possibilité, la vérité ou la réalité d'une chose, sans pouvoir fournir de preuve, ni qu'il soit possible de pouvoir fournir la preuve de sa fausseté.
Par exemple, la réincarnation est une croyance, car personne ne peut dire quoi que ce soit au sujet de son existence. Il y a ceux qui pensent qu'elle existe, ceux qui pensent qu'elle n'existe pas, et ceux qui n'ont pas d'opinion. Aucune donnée de l'expérience ne peut modifier ces attitudes, car à ce jour aucune réincarnation n'a été scientifiquement constatée.
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Si l'on peut distinguer facilement l'utilisation du terme croyance pour désigner l'attitude vis-à-vis d'une divinité par exemple, d'une croyance relative à un fait de la vie courante (par exemple: «je crois qu'il fera beau demain», «je ne crois pas que les dauphins soient des poissons»), une recherche approfondie mène à la conclusion qu'il n'y a pas de frontière nette entre ces deux acceptions. Le phénomène de Croyance peut donc être traité dans son ensemble, mais aussi spécifiquement pour Les Croyances, relatives aux grand mythes, et pour La Croyance comme mécanisme psychologique régissant l'appréhension de la réalité par l'individu.
La particularité d'une croyance est qu'elle n'est pas «testée» par l'individu qui y adhère, car elle est d'emblée considérée comme vraie.
La science, par contre, est bâtie sur l'expérience, le respect de la méthode scientifique, et constitue une unité grâce à une liaison et à une confrontation permanente avec la "réalité". La science remet constamment en jeu son contenu et entretient un réseau cohérent de connaissances. Les théories scientifiques se constituent donc par un mécanisme totalement opposé aux croyances.
La science peut s'opposer radicalement à telle ou telle croyance particulière, comme elle l'a fait par exemple en montrant que la terre tournait autour du soleil, ou ue la création du "monde" ne se date pas en millénaires, mais en milliards d'années, alors que les croyances monothéistes disent l'inverse:
La science n'affirme rien de ce qu'elle ne connait pas, et ne prétend pas tout expliquer. Par exemple la vision scientifique de l'univers est en contradiction avec certaines croyances situant la création du monde il y a seulement quelques milliers d'années, mais ne donne aucun point de vue sur ce qui est au-delà du scénario qu'elle propose, ni même sur ce qu'«au-delà» signifie. Elle laisse donc le champ ouvert à une infinité de croyances .
Il existe des cas où une croyance induit la réalisation des prophéties qui en résultent. Cela peut s'observer par exemple en période de tensions internationales, lorsque des informations concernant la pénurie à venir de tel ou tel bien de consommation circulent. Même s'il n'y a pas de réel risque de pénurie, par exemple en sucre, l'approvisionnement massif de la population crée une réelle pénurie de sucre. Cela peut s'observer aussi avec des individus superstitieux, dans le cas où un signe maléfique déstabilise suffisamment la personne et lui fait adopter un comportement à risques.
Les religions sont bâties sur un ensemble de croyances, et fonctionnent grâce à des dogmes, ou à des doctrines auxquels le croyant adhère. Le croyant est alors celui qui a la foi, c’est-à-dire se situe dans un état d'adhésion réfléchie et active aux éléments fondamentaux de sa religion. Les croyances fondamentales varient selon les religions. Selon Tylor, la croyance en une âme immatérielle et subsistant après la mort est à l'origine de toutes les religions, et constitue donc l'élément primordial. De même, Paul Diel présente dans La Divinité un enchaînement logique, sous l'angle psychanalytique, reliant l'animisme au monothéisme, avec l'effroi métaphysique comme moteur principal. L'angoisse de la mort serait donc à la base de la croyance en une divinité. La paléoanthropologie situe l'apparition des rites funéraires dans les sociétés préhistoriques dés - 300 000 ans par des marques de rituels autour des morts, puis avec plus de détail avec des sépultures dès - 100 000 ans. Les concepts d‘âme et d‘au-delà seraient donc nés dans cet intervalle.
Les croyances relatives aux mythes, légendes et divinités sont alors des croyances secondaires sur lesquelles sont bâties les doctrines spécifiques de chaque religion, dont l'observation par les individus conditionne leur sort dans l'au-delà. Selon D'Holbach, seule la peur suscitée par les puissances imaginaires est responsable de l'attitude religieuse. La part de chacune de ces croyances, âme, mythes, êtres divins, varie selon les religions. Par exemple, le Taoisme et le Bouddhisme ne nécessitent pas une croyance en un ou plusieurs dieux, alors que dans les religions monothéistes, la croyance en Dieu est l'élément primordial. Dans tous les cas, cependant, la croyance que la conformation de l'individu à l'ordre des choses révélées par les mythes, ou aux révélations divines, conditionne ce qu'il advient de l'âme après la mort, constitue la base du fonctionnement de la religion et de l'application de ses dogmes.
L'athéisme est l'attitude qui exclue la croyance en l'existence de toute divinité.
La superstition est une attitude faisant intervenir la croyance que certaines pratiques ou faits observés sont en liaison avec un certain déroulement de l'avenir, sans qu'aucune explication de cause à effet ne soit donnée. L'individu superstitieux sortira d'une pièce si le nombre des individus qui s'y trouvent fait partie d'une liste de nombres qui, selon ses croyances, portent malheur.
Cependant, certaines superstitions peuvent découler de réels dangers, et contribuer à les éviter. Ainsi, un aspect maléfique et mystérieux peut être attribué à des montagnes inhospitalières, ou à des rivières dangereuses, car des individus n'en sont pas revenus sans qu'on connaisse les circonstances exactes de leur disparition. Ce type de superstition tend à disparaître avec la diminution des espaces inexplorés, mais était encore fréquent en France au XIXe siècle, par exemple vis-à-vis des canyons.
Dans la lignée de sa formulation du darwinisme, basée sur fonctionnement autonome de réplicateurs (les gènes en biologie), le biologiste Richard Dawkins a émis l'hypothèse, en 1976, que des idées ou des comportements pouvaient suivre les lois de la Théorie de l'évolution. Dans cette conception, les réplicateurs, appelés mèmes, sont des unités d'information qui passent d'un individu à l'autre par la discussion et l'imitation. Les croyances seraient ainsi soumises aux principes de la sélection naturelle et évolueraient d'une façon plus ou moins autonome. La Mémétique est l'étude de ces phénomènes.
Les croyances ont tenu une grande importance dans la psychologie expérimentale et notamment dans les travaux se situant dans la lignée de ceux de Festinger sur la Dissonance cognitive. Dans cette conception, toute information faisant partie d'un ensemble de croyances reliées entre elles et partagées par une communauté, comme le sont par exemple les divers éléments de croyance d'une religion, sont soumis aux principes de la dissonance cognitive, ainsi que tout élément cognitif nouveau soumis à un individu possédant ces croyances. Cela entraîne diverses conséquences:
Festinger montre le rôle du support social dans le maintien des croyances à partir d'un fait divers dans lequel les membres d'une secte, basée sur la croyance en un "contact avec des êtres supérieurs", font une prévision relative à la survenue d'un "cataclysme" à une date précise, et à la "venue d'une soucoupe volante", évènements qui n'ont pas eu lieu à cette date. L'adhésion au "contact avec les êtres supérieurs" s'est maintenue dans un petit groupe de membres de la secte, dans lesquels les liens se sont renforcés, alors que les membres isolés ont abandonné leur croyances. Par la suite, le petit groupe s'est mis à faire du prosélytisme, afin de trouver dans l'environnement social un support nécessaire pour éviter une forte dissonnance cognitive avec l'échec avéré des prévisions.
Sans exception, bon gré, mal gré, tous, nous croyions a ou en quelque chose. Le terme « croire » est l’un des vocables le plus usité dans le monde, et, aux dires de certains, ce serait cette expression qui prévaut dans la marche du monde. Certes, tout à la fois nous sommes conscient et inconscient, mais ce que peu d’humains connaissent, c’est qu'en permanence notre cerveau nous induit dans l'erreur ou l'illusion en présentant à notre conscient une réalité qui coïncide avec ce que nous désirons voir, entendre ou écouter. Dans toutes les décisions que nous « croyons » ou plus exactement que nous « raisonnons » prendre selon notre libre-arbitre, la part du conscient est marginale.
Bien que la plupart du temps la croyance soit associée au mysticisme ou à la religion, elle fait constamment partie de notre réalité quotidienne personnelle et intime, dans chaque acte et geste de notre vie, dans ce qui semble le plus banal ou anodin. Le doute est le mécanisme qui, en chaque individu, remet en cause l'image que nous avons de la réalité. Comme il est fastidieux de remettre perpétuellement toutes nos connaissances en cause, nous agissons selon une approche plus ou moins fine de la réalité selon les besoins.
Par exemple, croire que le relief d'une région est immuable est largement suffisant à la plupart d'entre nous pour la vie quotidienne, alors qu'un géologue devra considérer le relief sous un angle dynamique.
Selon Ramsey, nos actions sont décidées selon une estimation de leur probabilités de réussite, elle mêmes estimées selon un degré de croyance envers les informations qui conduisent à cette action. Ainsi, toute information est susceptible d'une confiance graduelle, plutôt que d'une adhésion ou d'un rejet catégorique par un individu donné. Ramsey caractérise ainsi cette notion: «le degré d'une croyance est une propriété causale de cette croyance, que nous pouvons exprimer de façon vague comme la mesure dans laquelle nous sommes prêts à agir sur le fondement de cette croyance».
Au-delà de la décision d'action, basée sur un ensemble de croyances aux degrés plus ou moins élevés, Ramsey pose un principe de vérité de chacune de ces croyances, dépendant du succès de ces actions. Le Principe de Ramsey (Dokic, Engel, 2001) peut être énoncé ainsi: Les croyances vraies sont celles qui conduisent au succés de nos actions quelque soit le désir en jeu. Dans cette formulation, la notion de variation des possibilités d'application de la croyance (comme élément de décision d'action vis-à-vis d'un désir) est cruciale, car elle impose d'appliquer le Principe de Ramsey à un ensemble de situations (et non à une situation particulière), dans lesquelles une croyance déterminée sera impliquée dans des actions dont on pourra estimer le succès.
On trouve chez des penseurs arabes des interprétations très proches des interprétations actuelles. Selon Al-Ghazali, la croyance désigne ce que le cœur accepte et dont il est satisfait. Ainsi la croyance pourra être relative à ce qui est connu, par l'expérience (comme le goût d'un fruit ou la couleur du ciel qui sont connus par l'observation), par le raisonnement (comme le fait que la moitié d'une chose est plus petite que cette même chose entière) ou par la nouvelle sûre (c'est par cette voie que l'on a connu l'existence des terres lointaines et de certains évènements du passé). Ainsi, même sans avoir été en Chine ou sans avoir rencontré Jules César, la nouvelle de la constatation de leur existence qui nous aura été rapporté par un nombre de voies telles qu'elle exclue pour nous la possibilité raisonnable de croire au mensonge permet de conclure à leur existence. Al-Ghazali qualifiera alors cette croyance de conforme à la science (la connaissance de la personne) et à la raison.
Par ailleurs, la croyance pourra être relative à ce qui n'est pas réellement connu : il distingue alors l'ignorance, le doute et l'estimation personnelle ou la conviction personnelle. Ainsi Al-Ghazali préconise de ne croire que ce qui est su, même si l'on agit parfois selon ses propres estimations, sans pour autant avoir de preuve. Ainsi selon lui, la croyance musulmane est fondée sur ce qui est su à l'exclusion de toute autre source tandis qu'il est valable, dans les jugements, d'agir selon l'estimation des savants et des juges.
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