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Eau-forte

Image:David face.png Cet article est une ébauche à compléter concernant les arts plastiques, vous pouvez partager vos connaissances en le modifiant.

L’eau-forte est l’un des plus importants procédés de la gravure en creux. Cette appellation vient du nom donné par les alchimistes à l’acide nitrique dilué à l’eau : l’aqua-fortis. Aujourd’hui, l’expression d’eau-forte s’applique également à d’autres mordants tels que le perchlorure de fer.

En un sens général, l’eau-forte qui est à la fois le procédé, la gravure sur métal et l’estampe obtenue par cette gravure, s’oppose aux autres procédés de taille-douce exécutés aux outils (burin, pointe sèche, manière noire).

Employée dès le Moyen Âge par les orfèvres arabes en Espagne et à Damas, elle est dès le début du XVe siècle appliquée dans le domaine de l’image imprimée. De grands graveurs comme Urs Graf (1485-1527, actif à Zurich et à Bâle) et Albrecht Dürer (Nuremberg, 1471-1528) sont parmi les premiers à exploiter cette technique pour ses caractéristiques propres au début du XVIe siècle.

Comme la gravure au burin, les espaces encrés correspondent aux tailles. La plaque de métal (généralement du cuivre) est recouverte sur ces deux faces d'un vernis résistant à l'acide. Le graveur exécute son dessin à l'aide d'un outil, avec lequel il retire le vernis à certains endroits. La plaque est ensuite plongée dans l'acide de façon à creuser les zones dégagées. Le bain est plus ou moins dilué et la morsure plus ou moins longue, selon la profondeur de taille que l'on veut obtenir. Ce procédé a l'avantage d'être techniquement bien plus facile que le burin, qui nécessite une formation longue et fastidieuse, et surtout, il permet une plus grande rapidité d'exécution.

L’aquatinte, la gravure au lavis, etc. sont des eaux-fortes parce que l’image est creusée sur une plaque de métal à l’aide d’un mordant. Cependant il est habituel de nommer chaque technique par son nom particulier.


L’eau-forte devient très rapidement le moyen d’expression favori des « peintres-graveurs ». A partir des années 1530, elle trouve sa véritable voix avec Francesco Mazzola (Parme, 1503-Casal Maggiore, 1540) dit Parmigianino ou « Le Parmesan », en référence à sa ville natale, qui s’empara de cette technique avec un brio et une verve exceptionels.

À l'origine, l'outil employé est une simple pointe, qui permet des effets graphiques proches de ceux de la plume. Cependant, cette technique connaît une importante transformation au début du XVIIe siècle, grâce à trois innovations majeures dues à Jacques Callot (Nancy, 1592-1635), graveur lorrain formé en Italie. Celui-ci découvre la possibilité d’utiliser l’échoppe, outil proche du burin présentant un profil triangulaire, qui permet des effets de variation dans la grosseur du trait et, donc, l’usage des pleins et des déliés. Les possibilités graphiques s’en trouvent donc multipliées. Il abandonne également le vernis mou utilisé jusque-là, qui ne permettait pas au graveur de poser la main sur la plaque. Il lui substitue un vernis dur utilisé, par les luthiers, qui donne ainsi une facilité d’exécution réellement analogue à celle du dessin. De plus, il met au point un procédé de morsure dite « à bains multiples », c’est-à-dire qu’il a l’idée de protéger certaines parties de la plaque après une première morsure, avant de la plonger à nouveau dans le bain corrosif. Cela lui permet de jouer sur l’épaisseur et la profondeur des tailles et de varier ainsi la ligne avec une grande précision.

Il ouvre ainsi la voix à un nouveau terrain d’expérimentation, l’eau-forte pouvant rivaliser avec le burin grâce à ses découvertes, tout en gardant sa simplicité et sa rapidité d'exécution. Une génération après, Rembrandt (Leyde,1606-Amsterdam,1669) exploite la technique de l’eau-forte au maximum de ses possibilités en adoptant la technique des bains multiples. Il s’intéresse au processus d’impression en testant divers types de papiers, d’encre et de techniques d’encrage.

Au même moment, c’est à Abraham Bosse (Tour, 1602-Paris, 1676) que l’on doit une révolution moins concrète mais capitale pour l’histoire de la gravure. Celui-ci est tout d’abord l’auteur du Traité des manières de graver en taille douce sur l’airain par le moyen des eaux fortes et des vernis durs et mols, publié en 1645, premier manuel pratique et théorique sur l’eau-forte. Il tente par ce biais de faire admettre la gravure comme art majeur, au même titre que la peinture, la sculpture ou l’architecture. Quelques années plus tard, en 1648, lorsque l’Académie royale de peinture et de sculpture est crée en France, il est le premier graveur à y être accepté et à y dispenser des cours au même titre que l’enseignement du dessin, de l’anatomie et de la théorie de l’art. Sous son impulsion, l’Edit de Saint-Jean de Luz en 1660 consacre la gravure comme art libre. L’eau-forte, ainsi que toutes les autres techniques de l’estampe sont désormais considérées comme un art à part entière, propre à rivaliser avec la peinture de chevalet et les autres arts figuratifs.

À travers les siècles, de grands noms de la peinture se sont adonnés aux plaisirs de l'eau-forte : Lucas de Leyde, Seghers, Watteau, Goya, Degas, Pissarro, Picasso et Gabriel Belgeonne. Gravure de peintre par excellence, l’eau-forte a contribué à donner à l’estampe ses lettres de noblesse.cs:Lept de:Radierung en:Etching es:Aguafuerte fy:Ets hr:Bakropis ja:エッチング lv:Oforts nl:Ets pl:Akwaforta sv:Etsning


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