Cet article traite du Judaïsme, la "religion des Juifs", et non du peuple juif. Pour l'histoire et la description de celui-ci, voir Juif.
Le judaïsme est la plus ancienne des religions du Livre (Livre se dit en Grec Biblos) et la moins importante en nombre de fidèles.
L'expression "Peuple de la Bible" leur sied particulièrement bien, la Bible ayant été donnée, selon la tradition, aux Israélites (Fils d'Israël, Bné Israel dans la Bible) devant le Mont Sinaï. Ce code devint une patrie spirituelle, lorsque lesdits Israélites furent chassés de leur sol.
On peut donc définir le Judaïsme comme une appartenance tant nationale que religieuse. C'est pourquoi Juif s'écrit :
Tout au long de son histoire, le judaïsme fut pluriel et hétérogène. On peut affirmer que depuis le Roi Salomon, il n'y eut plus d'autorité fédératrice, ni parfois de croyance commune. </br>En dépit de cela, les membres du Judaïsme s'en sont toujours tenus à quelques principes de foi, le plus important étant la croyance en un Dieu Un, Unique, omniscient, omnipotent, juste, charitable, miséricordieux et transcendant, qui a créé le monde, et continue de S'impliquer dans sa destinée. </br>Selon la pensée juive, le Dieu Créateur du monde, et providentiel Sauveur de Son peuple en Egypte a établi avec celui-ci une Alliance, et lui a révélé ses lois, commandements, sous la forme de la Torah.
Et donc :
Même si la majorité des Israéliens est juive, il y a des Israéliens musulmans, chrétiens, et même, depuis peu, agnostiques. Par ailleurs, seule une minorité de Juifs, par rapport à la population juive dans le monde, vit en Israël et possède la nationalité israélienne. Bon nombre de Juifs ne sont jamais allés en Israël et ne s'en soucient guère. Sans parler des Juifs qui vivent sur la Terre d'Israël, mais refusent d'opter pour la nationalité israélienne, allant jusqu'à battre monnaie, "cultiver leur propre jardin" et vivre en autarcie pour y parvenir.
En effet, le mot "judaïsme" désigne l'ensemble des lois, coutumes et croyances du royaume de Judée, dont la capitale était Jérusalem. Les Samaritains, bien que d'ascendance israélite, ont centralisé leur culte sur le Mont Garizim. Ils reconnaissent l'autorité de la Bible, mais n'incluent pas les Prophètes ni les Ecrits dans leur canon. Il s'agit donc d'une communauté parente, mais pas d'une communauté Juive. En revanche, ils sont Israélites. Par ailleurs, certains ont opté pour la nationalité israélienne.
En effet, le Judaïsme compte en son sein un nombre non négligeable de convertis. D'autre part, Tera'h, Loth, Ismaël, etc. sont indubitablement Hébreux, sans être Juifs.
Le monothéisme fut, selon la tradition, la première croyance humaine, Adam sachant qu'il n'y avait qu'Un et Unique Dieu. Selon la Bible, le polythéisme naît dans la génération d'Enosh qui prient diverses "puissances", dont le soleil (en Hébreu, shemesh, proche de shamash, serviteur), d'intercéder en leur faveur auprès de Dieu. Les cultes accessoires l'emportent ensuite sur le culte principal, jusqu'à ce qu'Abraham, redécouvre le monothéisme à l'âge de trois ans, selon le Midrash. Il comprit en effet qu'il ne seyait d'adorer ni le soleil, ni la lune, car ils se succédaient l'un à l'autre. Par ailleurs, il était inconcevable qu'ils le fassent de leur plein gré, à moins qu'il n'y ait Un Être suprême pour les commander, forcément Unique, car il ne peut y avoir qu'un roi.
Le "Dieu" froid et impersonnel de Plotin ne vint pourtant pas un instant à l'esprit d'Abraham. Il était certes transcendant mais aussi immanent, omnipotent, omniscient, bienveillant. Effectivement, lorsque, plus tard, Moïse demande comment il doit L'annoncer au peuple, Dieu lui répond qu'Il Est Celui qui Est, c'est-à-dire au sens littéral Celui qui Est près de Son peuple. IL n'est pas "détaché" non plus : Israël Le connaît non seulement comme Créateur du monde, déterminant le cours des choses, gardien de l'ordre naturel, mais aussi et surtout comme Celui qui l'a fait sortir d'Egypte, Dieu providentiel qui ne se gêne pas pour intervenir directement dans le cours de l'Histoire.
Ce Dieu qui Est instruit alors Moïse de prescrire au peuple:
Certains critiques estiment que ces affirmations démontrent au contraire la nature hénothéiste du Judaïsme, ou plutôt du yahwisme originel, qui admet l'existence d'autres divinités. Le peuple d'Aram affirme avoir sa divinité, Mardouk, "comme Israël a YHWH". Pour ceux-là, le monothéisme se développa en réaction des Grecs. Si tel est le cas, il est étonnant que des communautés apparentées au Judaïsme, mais distinctes, comme les Samaritains, aient formulé les mêmes croyances, bien qu'ils aient selon les Prophètes et les Autres Ecrits, connu une phase de syncrétisme, voire de polythéisme.
Quoi qu'il en soit, le Judaïsme exige de ses membres une adhérence infaillible à ces préceptes, l'inverse revenant à en dénier l'essence. Cela inclut le syncrétisme, ou le culte de "divinités mineures" ("Dieu et ..."), d'esprits, ou d'incarnations. L'idée de Dieu comme dualité (shtei reshouyot) ou trinité est hérétique aux yeux des Juifs, et est considéré comme apparenté au polythéisme.
L'interdiction d'autres cultes s'étend à la possession d'objets devant lesquels on pourrait se prosterner, commes les crucifixes, les icônes, ou toute représentation artistique de Dieu.
Ecoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est UN
"Shema Israel, Adonoy Elohénou, Adonoy E'had" (Deutéronome 6:4)
Affirmation de l'Unité divine, le Shema est la prière première et fondamentale du judaïsme, tant rabbanite que karaïte (cf. infra).
</br>La Kri'at Shema ("proclamation" ou "lecture du Shema") des Karaïtes se limite à ce verset, tandis que chez les rabbanites, elle est composée des versets 4-9 de Deutéronome 6, puis 13-21 de Deutéronome 11, enfin des versets 37-41 de Nombres 15.
Elle institue en particulier les commandements de la Mezouzah, des Tsitsit et des Téfilines.
Chaque juif pieux se doit de la réciter deux fois par jour: Au lever ('Cha'harit), et le soir (Arvit). Selon la tradition, cette prière a été dite par les fils de Jacob à leur père. Au fil des siècles cette prière a été associée aux dernieres paroles que prononçaient les Juifs qui mourraient pour la sanctification du Nom Divin.
Source : Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, adaptation française sous la direction de Sylvie-Anne Goldberg, Bouquins, Cerf/Robert Laffont, 1996.
De la Torah (c'est-à-dire la Bible hébraïque) ont été tirés un nombre de lois, connues dans le judaïsme traditionnel sous le nom des 613 mitzvot, qu'il incombe aux enfants d'Israël de suivre. Comme les peuples contemporains, le culte s'organisait autour d'un temple, dans l'enceinte duquel une caste sacredotale sacrifiait à Dieu. Cependant, il ne s'agissait pas là du seul moyen de rendre un culte à Dieu.
En termes de pratique du culte, le Judaïsme cherche à élever la vie quotidienne au niveau de sainteté du culte des anciens Temples en vénérant Dieu à travers les activités et actions quotidiennes. La pratique des mitzvot rapproche l'individu du Gan Eden (littéralement, jardin des délices) et l'humanité du monde à venir, bien que le Judaïsme n'ait pas qu'un concept du monde à venir, et que celui-ci n'ait pas grande importance dans le Judaïsme.
Quelques citations (approximatives) du Talmud indiquent d'ailleurs que le paradis n'est pas dans le ciel, ni aux confins de l'impossible :
Contrairement au méchant, qui vit volontairement dans la trangression, et s'esseule à mesure qu'il se pervertit car il est peu recommandable, sinon auprès d'individus licencieux et vicieux, qui, du reste, recherchent sa compagnie pour leur plaisir propre et non le sien, le juste vit entouré des justes, et jouit d'une compagnie agréable sa vie durant.
Que demandent ces actes ? De réfréner ses instincts, de ne pas consommer de sang, de résister à son plaisir égoïste en le sublimant en joie altruiste ("Vis dans la joie, vis dans l'amour. Il s'agit d'une et même chose" - dicton hassidique).
En conclusion, le rôle du rite est de permettre au fidèle de vivre dans la Présence et la Crainte de Dieu, en sanctifiant ses actions, c'est-à-dire en les distinguant de celles du commun des mortels, afin de lui rappeler qu'il obéit à Dieu, et qu'en vivant dans Sa Présence, il Lui ressemble, car il est saint comme Dieu Est Saint." De ce fait, il amène "le royaume de Dieu sur terre". Le paradis, c'est donc un lieu d'entente parfaite, que rien ne vient troubler.
Selon le Tanakh, le judaïsme remonte à Abraham, le premier monothéiste parti de Ur-Kassdim pour le Pays de Canaan avec la promesse de Dieu qu'il sortirait de lui un peuple nombreux et serait une bénédiction pour tous les peuples. L'Alliance d'Abraham est marquée par la circoncision au huitième jour.
Après que la famille de Jacob-Israël, petit-fils d'Abraham, soit partie en Égypte où ses descendants ont été réduits en esclavage, les "Enfants d'Israël" sortent d'Egypte sous la conduite de Moïse et reçoivent la Loi au pied du mont Sinaï. Le premier à avoir employé le terme de peuple à leur propos est Pharaon. La Torah n'a pas été donnée de façon progressive mais soudainement, à des gens qui baignaient jusque là dans la culture idolâtre égyptienne et qui devinrent un peuple en l'acceptant.
Après le don de la Torah, le peuple d'Israël erre durant quarante ans dans le désert, en punition pour avoir adoré le Veau d'or, avoir critiqué Moïse et avoir voulu retourner en Égypte (épisode de la médisance des explorateurs). C'est seulement à la fin de cette période que leurs descendants pénètrent sur la terre d'Israël, alors aux mains des Canaanites. Ils ont heureusement un général légendaire, Josué qui, après avoir conquis la terre, la répartit en douze tribus. Après la période dite des Juges, chefs militaires désignés par des prophètes pour lutter contre les menaces extérieures, principalement celles des Philistins, les Enfants d'Israël élisent pour roi Saül. Cependant, celui-ci, impopulaire meurt sur le champ de bataille, et est remplacé par David, dont le fils, Salomon amène un véritable âge d'or pour le peuple. Malheureusement, à sa mort se produit un schisme entre le royaume d'Israël, séduit par les coutumes étrangères et leurs dieux, et le royaume de Juda, demeuré fidèle à la loi de Moïse, malgré quelques accrocs. Sennachérib déporte les habitants du royaume d'Israël. Le royaume de Juda succombe aux mains de Nabuchosdonozor vers 587 av. EC. 70 ans plus tard, les Judéens retournent lors du règne de Cyrus II (Koresh).
Un nouvel Exil commence avec la destruction du second Temple en l'an 70. Mais la domination romaine se faisait déjà sentir avant et la destruction physique a eu lieu 60 ans plus tard, lors de la révolte de Bar-Kokheba.
Cette version est totalement contestée par les historiens critiques du Judaïsme. Pour eux, la religion "révélée" fut le yahwisme, qui ne professait pas le monothéisme, mais la monolâtrie, c'est-à-dire le culte d'un seul dieu, sans remettre en cause l'existence d'autres divinités. Elle fut pratiquée par deux royaumes qui, bien que présentant une ancestralité commune, avaient toujours été distincts, le royaume de Nord étant bien plus attrayant commercialement et ouvert sur les civilisations avoisinantes que le royaume du Sud, arrière-pays rupestre et désertique, jusqu'à la chute du royaume du Nord, après laquelle il accueillit ses réfugiés et s'enrichit considérablement.
Lorsque les élites de ces royaumes furent déportées, le royaume d'Israël par les Assyriens, le royaume de Juda par les Babyloniens, le premier se dissolut, alors que le second fut revivifié par les aspirations nationalistes de dignitaires judéens proches du pouvoir persan, la Perse ayant entre-temps conquis Babylone. Le "judaïsme" aurait pris corps à partir de l'exil babylonien, le yahwisme judéen empruntant au terreau babylonien son calendrier, ses saisons, son rythme hebdomadaire, etc. et ne pouvant plus s'accorder avec le yahwisme samaritain.
Les Judéens, revenus de Babylone, auraient établi une ségrégation stricte avec les Samaritains, et entamé une campagne de purification ethnique, enjoignant à ceux qui n'ont pas été déportés de répudier les Cananéennes qu'ils ont prises pour épouses, avec les enfants qu'elles leur ont données.
Cette version, qui s'appuie sur les découvertes et non-découvertes archéologiques a été fortement popularisée par les archéologues Israël Finkelstein et Neal Asher Silberlmann. Toutefois, il convient de signaler que leur théorie, bien que fortement séduisante pour l'esprit rationnaliste moderne, a été remise en cause par de nouvelles trouvailles et techniques de datation archéologiques. Si l'on est en droit de douter du bien-fondé du récit biblique, cette version n'est finalement pas plus crédible
Quoi qu'il en soit, le cours du judaïsme n'est pas celui d'un long fleuve tranquille, il prend de nombreux méandres, donne de nombreux effluents, reçoit quelques affluents, manque de se tarir suite à des cataclysmes, mais persiste depuis 3500 ans.
Les courants orthodoxes sont bien représentés en Europe mais on y connaît aussi un mouvement libéral. Les Massortis et les reconstructionnistes sont surtout présents aux États-Unis d'Amérique. Les Massortis ont également une forte présence en Israël.
Les courants ultra-orthodoxes, comme les Haredim ou les Hassidim, sont minoritaires par le nombre d'adhérents.
Néanmoins, ce sont eux qui frappent le plus l'imagination populaire, avec les "hommes en noir qui portent du vison, et des tire-bouchons sur les rouflaquettes". Toutefois, s'ils évoquent chez tout le monde Rabbi Jacob, ces mouvements présentent une vraie richesse, tant de culture, que de pensée.
Enfin, aux États-Unis d'Amérique et en Israël (à Ramla) se sont réfugiés les karaïtes, chassés d'Égypte vers les années 1952-1956, dont quelques petits groupes demeurent en Lituanie.
Le judaïsme se distingue des autres religions révélées par le fait qu’il place au centre de la révélation la Torah, la « Loi ». Le terme « Torah » est construit sur un verbe signifiant « enseigner », « instruire », en réalité dérivé de lirot, « tirer », viser à un but.
On distinguera, vers 130 avant l’ère commune, entre les trois parties de la Bible : Torah (Pentateuque), Prophètes (Neviim), Ecrits(Ketouvim), parfois dénommés Hagiographes. À partir du Ier siècle, le terme « Torah » finira par désigner l’ensemble du code sacré.
Pour le judaïsme rabbanite, descendant du judaïsme pharisien, cette Torah comporte la Loi Ecrite et la Loi Orale. Cette Loi Orale est considérée comme les enseignements oraux de Moïse autour de chaque verset de la Torah. Celle-ci, bien que parfaite, nécessite d'être explorée (lehidaresh) pour être appliquée.
Pour le judaïsme karaïte (encore que tous les Karaïtes ne se revendiquent pas comme Juifs), comme pour les Sadducéens avant eux, il n'y a pas de loi orale, seule existe la Torah, ou Miqra (Lecture, à rapprocher de Coran)
Voir l'article principes de foi du Judaïsme.
Bien que le Judaïsme ait affirmé, depuis le Moyen Age au moins sinon plus tôt, un nombre d'articles de foi, aucun credo, dogme, liste ou "catéchisme" n'a été reconnue comme base de l'approche religieuse. Ce souci de maintenir un Judaïsme dynamique, et non figé dans des principes "a minima" sclérosants, rend néanmoins difficile toute tentative de résumer la théologie juive.
Alors que certains rabbins, communautés, congrégations, ou courants ont quelquefois appuyé sur un dogme en particulier, la majorité des rabbins, communautés, etc., s'y est opposé, y compris à ces dogmes érigés. Et du fait qu'il n'existe pas d'autorité centralisée dans le Judaïsme, comme le Pape chez les Catholiques, aucune formulation n'a définitivement établi l'autorité d'un quelconque principe.
Dans sa tentative de définir qui est Juif, l'historien Flavius Josèphe, qui se définissait comme Juif pharisien, mettait l'accent sur des pratiques, des traditions plutôt que des concepts religieux. L'apostasie était pour lui plus proche du fait de ne pas observer les coutumes traditionnelles que d'émettre un doute sur les croyances traditionnelles. La conversion au Judaïsme nécessitait bien plus la circoncision que la déclamation d'un crédo.
Cependant, la vérité divine ne faisait aucun doute à son époque, et seuls les Juifs affiramient le monothéisme. La situation a évidemment changé depuis, c'est pourquoi, pour les Juifs orthodoxes, qui se considèrent descendants spirituels directs des Juifs pharisiens en question, certains principes, comme l'origine divine de la Torah ou la création ex nihilo, sont tellement importants que leur rejet, en public comme en privé, peut suffir à déclarer celui qui les a rejetés "apikoros" (hérétique).
Au cours des siècles, un certain nombre de formules claires et précises se fit jour, la plupart étant fort proches entre elles, et bien que différant sur certains aspects, elles démontrent un grand éventail de tolérance pour différentes perspectives théologiques (c'est-à-dire, laissent le champ libre à une grande diversité d'observances et de croyances, tant que celles-ci n'en viennent pas à rejeter ces principes).
La plus connue de celles-ci est l'énoncé des 13 articles de foi de Maïmonide :
Depuis le treizième siècle à peu près, le symbole du Judaïsme est l'étoile de David (Maguen David) qui, selon la tradition, était l'emblème du roi David. Le plus ancien symbole du Judaïsme est la Ménorah, chandelier à sept branches, qui se trouvait dans le Temple de Jérusalem.
Au fronton des synagogues sont également figurées les Tables de la Loi.
Tant la Loi (halakha) que la tradition (massoret) juives se basent sur la Torah (les "Cinq Livres de Moïse). La divergence se situe sur l'observance ou non de la Loi Orale, c'est-à-dire l'ensemble des enseignements oraux accompagnant la Torah. Il s'agissait d'un corpus lâche et dynamique, dont le but était d'éviter la sclérose de l'enseignement de la Torah, tout en assurant sa continuité. Moïse n'ayant osé changé une lettre de ce que lui avait dicté Dieu, s'éloigner de l'enseignement des maîtres était donc impensable. Du moins pour certains, car il se trouva toujours quelqu'un pour remettre en cause l'autorité de ces enseignements, qu'il s'agisse des Sadducéens ou des Karaïtes. Cependant, pour les Pharisiens, dont descend le Judaïsme rabbinique, cette Loi était indissociable de la Torah écrite elle-même : certains termes, comme totafot, n'y sont pas définis, ce qui implique que le destinataire possède ces notions par d'autres sources, orales.
Vint ensuite un temps où les traditions orales étaient si nombreuses que le danger de les voir se perdre définitivement en exil étaient grandes. C'est pourquoi le chef de la communauté juive en Terre d'Israël, Juda Hanassi, prit sur lui de compiler sous forme écrite l'ensemble des enseignements oraux. Cette oeuvre, la Mishna, fut ensuite discutée dans diverses académies galiléennes et babyloniennes, avant d'être à leur tour rassemblées et codifiées sous le nom de Talmud
Selon le Talmud, la Torah comporte 613 prescriptions, certaines ne s'adressant qu'aux hommes ou aux femmes, d'autres ne s'appliquant qu'aux classes sacerdotales (les Kohanim et les Levyim ou Lévites), ou à ceux qui travaillent la terre dans l'enceinte de la terre d'Israël.
Beaucoup de lois n'étaient applicables qu'à l'ère des Temples de Jérusalem et moins de 300 commandements sont réellement applicables de nos jours.
La Halakha, le "mode de vie" juif rabbinique, est donc basé sur une lecture combinée de la Loi écrite, la Torah, et de la loi Orale, la Mishna et le Talmud, ainsi que le Midrash Halakha, exégèse légalistique de l'Ecriture, et les commentaires des rabbins, d'alors jusqu'à nos jours.
Elle s'est construite lentement, en se basant sur des précédents, et retranscrite, soit sous forme épistolaire de questions posées aux décisionnaires et leurs réponses, ce qui s'appelle Sheelot ouTeshouvot en Hébreu et Responsa en Latin, soit sous forme de codes, basés sur les responsa. L'autorité en matière de code est le Shoulhan Aroukh, qui possède lui-même sa littérature de commentaires.
Selon la Loi Juive, est considérée Juive la personne née de mère Juive ou convertie en accord avec la Loi Juive.
Les mouvements libéraux, comme le reconstructionniste, déclarent également Juifs les personnes nées de mère non-Juive si le père est Juif et si l'enfant a été élevé dans la pratique du Judaïsme. Toutefois, ces personnes ne sont pas considérées Juives par les mouvements orthodoxes et Massorti, pas plus que ne le sont des personnes converties par un beth din non orthodoxe.
Tous les courants théologiques du Judaïsme sont ouverts aux conversions sincères.
Un Juif cessant de pratiquer, de croire, fût-ce aux principes fondamentaux, reste Juif. Il en va de même pour un Juif converti à une autre religion.
Cependant, dans ce dernier cas, la personne perd le statut de membre de la communauté juive, et ne peut compter dans un miniane (cf. infra). Dans le passé, la famille et les amis du converti faisaient son deuil, comme s'il était mort (Les Mitnagdim le faisaient également pour leur fille qui avait épousé un Hassid, vice versa et inversement), mais cela ne se fait plus de nos jours.
La question reçut un nouveau retentissement lorsque, dans les années 1950, David Ben Gourion, en vue de former un état "Juif Laïc", demanda plusieurs opinions, dans le monde religieux mais aussi dans la communauté intellectuelle internationale, quant à savoir qui peut, étant considéré Juif, bénéficier de la "loi du retour" (octroi automatique de la nationalité israélienne à qui en fait la demande, pour autant qu'il soit Juif).
La sentence, connue sous le nom de loi Mihou Yehoudi ("Qui est Juif") ne satisfait pas à l'opinion orthodoxe, puisqu'on peut remonter à un (seul) grand-parent Juif pour se considérer Juif et prétendre à la loi du retour, ce qui a conduit à des aberrations, entre autres, de citoyens israéliens néo-nazis. C'est pourquoi la question n'a pas été totalement résolue et refait surface dans les débats politiques israéliens de temps à autres.
Le judaïsme n'est pas monolithique, tant par ses vues théologiques que par ses attitudes face à la pratique ; on y rencontre des courants orthodoxes voire ultra-orthodoxes , des courants médians, tel le mouvement "conservateur" ou Massorti, qui n'a rien de conservateur contrairement à ce que son nom suggère et toutes sortes de courants libéraux tel le judaïsme libéral et le judaïsme reconstructionniste. Voir Libéralisme théologique
Les courants orthodoxes sont bien représentés en Europe mais on y connaît aussi un mouvement libéral. Les Massortis et les reconstructionnistes sont surtout présents aux États-Unis d'Amérique et les Massortis ont une forte présence en Israël.
Les courants ultra-orthodoxes, comme les Haredim ou les Hassidim, sont minoritaires par le nombre d'adhérents. Néanmoins, ce sont eux qui frappent le plus l'imagination populaire, avec les "hommes en noir qui portent du vison, et des tire-bouchons sur les rouflaquettes". Toutefois, s'ils évoquent chez tout le monde Rabbi Jacob, ces mouvements présentent une vraie richesse, tant de culture, que de pensée.
Enfin, aux États-Unis d'Amérique et en Israël (à Ramla) se sont réfugiés les karaïtes, chassés d'Égypte vers les années 1952-1956, dont quelques petits groupes demeurent en Lituanie.
Les Juifs ont souvent été appelés le "Peuple du Livre", sur lequel ils ont beaucoup disserté, et ce depuis le début de la révélation, à en croire le Rav Adin Steinsalz. </br>Voici une liste structurée des livres de base dans les domaines de la pensée et la pratique du Judaïsme :
</br>Le Tanakh est le livre le plus saint pour le peuple Juif: il commence par la création du monde jusqu'à la construction du Second Temple. La Torah est la partie la plus sainte du Tanakh; selon la foi juive, elle a été dictée à Moïse par Dieu, et n'a fait l'objet d'aucune discussion lorsqu'il a été décidé quels livres devraient figurer dans le canon biblique (y figurent ceux qui ont été incontestablement inspirés par Dieu;en sont exclus ceux qui ne proviennent que de la sagesse humaine).</br>En revanche, les livres des Prophètes, plus encore les Hagiographes, furent soumis à des débats intenses.
</br>Le judaïsme tient grand compte du Talmud, recueil des règles de vie juives, fondé sur l'interprétation exégétique et/ou poétique (c'est-à-dire allégorique) du texte biblique. </br>Les explications et interprétations des versets contenues dans la Michna et la Guemara ont pour but de déterminer comment appliquer les préceptes positifs et négatifs énoncés dans la Torah, ainsi que l'esprit qui les accompagne (un rabbin contemporain disait que, si le sens littéral d'un verset en est le "cœur", les sens allusifs, allégoriques et secrets en sont l'"âme"). </br>C'est autour de cela que repose l'enseignement dans les instituts talmudiques juifs (Yéchivot).
</br>La Torah comporte 613 préceptes, dont 248 positifs (Mitsvot Asse ex:"tu aimeras ton prochain comme toi-même"), et 365 négatifs (Mitsvot lo Ta'asse ex:"tu n'auras pas d'autre dieu que Moi"). </br>D'autres subdivisions ont été envisagées au Moyen Age (Mitsvot envers Dieu et mitsvot envers les hommes, etc.)
Voir aussi
L'observation du Shabbat, journée de repos hebdomadaire réservée à l'étude et à la prière est la première forme d'observance liturgique donnée dans la Bible. Cette journée est caractérisée, à la maison, par la prière avant les repas (Kiddouch), des repas festifs et la prière dite de séparation (Havdala) qui la termine.
La vie religieuse juive est marquée par :
Toute cérémonie ou prière collective nécessite la présence d'un quorum de dix hommes adultes (miniane). Les études et prières se font dans la synagogue (Beit Ha-Knesset ou Shul en Yiddish). On s'y rassemble pour les trois prières quotidiennes et plus particulièrement lors du shabbat et des jours de fêtes ('Hagim). Chaque Shabbat matin est lu, par des fidèles ayant fait leur Bar-mitsva, une section (paracha) de la Torah : on commence par le début de la Genèse au voisinage de l'équinoxe d'automne (Simhat Torah) et on termine le Deutéronome douze ou treize lunes plus tard, selon que l'année est ou non "embolismique".
La terre d'Israël est appellée dans la tradition juive "Terre Sainte" (Erets Ha-Qodesh). Des commandements spéciaux s'y rapportent tels que celui d'y habiter ou d'y respecter l'année sabbatique (jachère de la terre tous les sept ans et jubilé tous les cinquante ans). Le souhait du retour à une souveraineté juive sur Erets-Israel est une constante de la pensée juive, mais quelques-uns enseignent que cela serait assimilé à une tentative de rapprocher la venue du Messie qui ne peut venir que de Dieu.
Une ferveur particulière entoure Jérusalem, capitale fondée par le roi David, où se situait le Temple de Salomon, sur le Mont du Temple et où siégeait le Sanhédrin.
Parmi les autres villes révérées:
Le calendrier juif est luni-solaire : douze lunes de 29 ou 30 jours, mais afin de rester en phase avec les saisons, il introduit certaines années, dites "embolismiques", une treizieme lune.
Le calendrier est rythmé par de nombreuses fêtes et commémorations religieuses, divisés en deux catégories :
Au cours de l'année, cinq jeûnes s'ajoutent à Yom-Kippour :
Tous les nouveaux mois juifs (Rosh 'Hodesh) ont également un statut particulier.
Certaines fêtes durent 2 jours dans la diaspora contre un seul en Israël.
Entre le premier et le septieme jour de Pessa'h et de Soukkot non inclus, les autres jours ont le statut de Hol Ha-Moed, entre un jour saint et entre un jour normal.
Liens externes :
La prêtrise, au sens classique du terme, la consécration exclusive d'individus au service du Temple, n'existe plus dans le Judaïsme depuis la destruction du Second Temple en 70 EC.
Il s'agissait des descendants de la tribu de Lévi, quatrième fils de Jacob, distinguée parmi le peuple d'Israël pour avoir combattu aux côtés de Moïse lors de l'épisode du Veau d'Or. Au sein de ceux-ci furent distingués une seconde fois les descendants d'Aaron, le frère de Moïse, afin de s'occuper du service de Dieu (en Hébreu, Cohen).
Les Cohanim s'occupaient principalement des sacrifices, les Leviim de la manutention du Temple (portiers, chantres, etc.). A l'époque, ils pouvaient être déchus de leur rang, en s'adonnant à des rites païens, en contrevenant à leurs obligations, etc.
Bien qu'ils n'assurent plus le service du temple, ces "castes" sont toujours d'actualité, et bénéficient d'un rang privilégié au sein du Judaïsme (un Cohen a préséance sur un Lévi, qui a préséance sur un Israël, lors de la lecture de la Torah par exemple). </br>De nos jours, les Cohanim occupent encore certaines fonctions particulières (rachat du premier-né, bénédiction sacerdotale,...). Les Lévites ont des tâches mineures, comme laver les mains du Cohen avant qu'il ne fasse la bénédiction.</br> Les Cohanim sont astreints à des obligations particulières (interdiction d'épouser une femme divorcée, de toucher les morts, etc.), bien qu'en pratique, leur transgression ne soit pas moins fréquente que celle des autres prescriptions en général (Shabbat, Cacheroute,...).
A noter enfin que si l'ascendance du titre de Lévi ou Cohen est strictement patrilinéaire, elle reste exclusivement confinée au sein du Judaïsme, qui se transmet matrilinéairement (dans le judaïsme orthodoxe tout au moins).
Voir aussi l'article Rabbin
Le titre de Rabbi fut réservé à ceux des Sages qui occupaient une position officielle au sein de la législation judéenne, avant de désigner tout Sage dont l'érudition lui permettait de statuer sur des questions d'observance de la Loi, pour autant qu'il ait reçu sa semikha (ordination, mais le sens littéral se rapproche plus d'attestation ou reconnaissance) en terre d'Israël. En dehors de la terre d'Israël, il ne pouvait recevoir "que" le titre de Rav (de l'Hébreu, beaucoup ou grand). </br>Rav désigne donc les grands parmi le peuple d'Israël, reconnus (nismakhim) parmi leurs pairs, indifféremment de leur origine (c'est-à-dire Cohen, Lévi ou Israël, à comprendre ici au sens de "laïc").
Stricto sensu, un Rav est un arbitre en matière d'observance religieuse. Cependant, le rabbin faisant souvent office de maillon dans la chaîne de transmission du savoir, d'autorité morale, d'exemple, leur autorité est comparable à celle des prêtres d'autres religions, voire la dépasse. De plus, ils tiennent souvent le rôle d'officiant (hazan, cf infra)
Néanmoins, les rabbins ne sont aucunement considérés comme des intermédiaires entre Dieu et les hommes, rôle qui ne fut tenu que par les prophètes. On s'accorde toutefois à dire que des oeuvres majeures, comme le Talmud, les commentaires de Rachi ou du Ramban, le Choulhan Aroukh, et bien d'autres furent écrits sous l'influence du roua'h hakodesh, en d'autres termes d'inspiration divine.
Le rabbinat devint une profession officielle en France sous Napoléon. Les rabbins, qui n'étaient jusque là, que juges et arbitres, subvenant à leurs besoins par d'autres professions, parfois fort humbles (coordonnier, bûcheron,...), mais pouvant être également fort prestigieuses (médecins, ministres,...) devinrent officiellement ministres du culte, soumis à une hiérarchie (Rabbin, Grand Rabbin, etc.) et rémunérés pour cette fonction spécifiquement.
Le Judaisme Orthodoxe n'admet pas qu'une femme puisse devenir Rabbin. Seuls les mouvements libéraux nés au 19eme siècle sont susceptibles de l'accepter, non sans excès : pendant la Haskala, on vit accéder au titre de rabbin des gens dont la semikha n'était pas reconnue, quand ce n'était pas leur Judaïsme qui était sujet à caution ! Lors des "Golden Sixties" en Amérique, on vit des femmes diriger l'office, porter talith et tephillin, voire devenir rabbin! </br>Il reste exceptionnel en Europe que les femmes tiennent un rôle majeur dans l'organisation des offices ou deviennent rabbin. En France, il n'y a qu'une communauté dont le rabbin soit une femme. Il s'agit d'un rabbin libéral, Pauline Bebe. En revanche, aux États-Unis d'Amérique et au Canada sont majoritaires, les femmes rabbins sont nombreuses dans le judaïsme réformé (« reform »).
Depuis l'ère de la Mishna et du Talmud jusqu'au temps modernes, le Judaïsme a requis des spécialistes ou autorités en matière de rites ou cérémoniaux. </br>Bien qu'un Juif puisse remplir par lui-même la plupart des prescriptions pour la prière, certaines activités, comme la lecture de la Torah ou des haftarot (sections supplémentaires tirées des Neviim ou des Ketouvim), le Kaddish (prière à la fin dune étude, lors d'un deuil,...), la bénédiction des mariés, l'action de grâce après un repas, etc., nécessitent la présence d'un quorum ou minyan de dix personnes (10 hommes pour les Orthodoxes, et les Massortim "moins libéraux"; les Massortim "plus libéraux" et les Réformés permettent aux femmes de se joindre au minyan).
Les membres les plus fréquents du "clergé" qu'on retrouve dans une synagogue sont :
Ces rôles ne sont pas mutullement exclusifs. Une même personne est souvent qualifiée pour remplir plus d'un rôle, et le fait souvent. Ou bien, plusieurs personnes capables d'assumer ces fonctions se relayant au cours des différents offices
En outre, deux courants principaux traversent le judaïsme :
La distinction est culturelle, liturgique, linguistique et géographique. Elle trouve ses origines dans les fondements mêmes du judaïsme et son histoire. </br>En effet, la Torah, sous sa forme écrite, révélée et irréfutable pour un croyant, bien que contenant tout en elle, ainsi que l'enseigne un Sage du Talmud, ne permet pas de connaître la conduite à tenir sur base de sa simple lecture (ceci est le point de vue des Juifs rabbanites, les karaïtes réfutant cette idée) : elle nécessite une tradition orale, ne fût-ce que pour s'assurer que ce qui se transmet a été bien compris. </br>Les tourments et exils connus par le peuple Juif firent naître la nécessité de compiler la tradition orale (dans la Mishna, la Tossefta, le Talmud et le Midrash) afin d'assurer sa survie, et d'y confronter toutes les opinions. </br>Toutes les divergences ne furent cependant pas résolues, et lorsque deux pôles se développèrent dans le peuple Juif, tant au niveau géographique que spirituel, les uns adoptèrent tel point de vue, les autres tel autre (il importe de faire remarquer à ce sujet que le Rav Ovadia Yossef, bien que présidant le parti religieux orthodoxe sépharade Shass n'est PAS Sépharade, mais Irakien (Bagdadi), ET NE TRANCHE PAS la Halakha comme les Sépharades).
On pourrait estimer en première approximation que le canevas commun aux Ashkénazes ayant été défini par Rabbenou Guershom, ces différences apparurent avec lui. Cependant, les études des Juifs d'Espagne n'étaient pas inconnues de l'autre côté des Pyrénées, et il existait ,sinon une communauté d'idées, une libre circulation, ainsi que le montrent d'une part Rachi, s'inspirant du Yessod de Moshé HaDarshan et des travaux du grammairien Menahem ibn Sarouk, et de l'autre Ramban, formé par l'un de ses maîtres, Nathan de Trinquetaille, à l'école des Tossafistes.
C'est donc bien lors de la Reconquista espagnole du XVIe siècle, lorsque la radicalisation du catholicisme contraignit à l'exil une très large majorité des Juifs qui s'étaient installés sur la terre de tolérance que représentait l'Espagne musulmane que ces courants furent tout-à-fait séparés et que les différences s'affirmèrent, du fait de terreaux géographiques et culturels fondamentalement diffférents.
Les différences de coutumes, de chants, de nourriture, tiennent en définitive moins de divergences religieuses que d'habitat différent. De même, le sentiment de différence tient plus des mentalités du pays d'asile (ou d'exil, c'est selon).
</br>Ainsi, lorsque Voltaire compose son article dénigrant et diffamatoire sur le Juif dans l'Encyclopédie, et qu'un Juif amstellodamois nommé Isaac de Pinto lui répond qu'il ne faut pas confondre les "Ashkénazes", lie de la terre, et les Sépharades, "authentiques" descendants de la noble tribu de Juda, il faut savoir que Pinto est un Juif portugais, tout imprégné des idées d'hidalgo et de pureté du sang (la limpienza de sangre, qui est, ironiquement, une mesure parmi les plus antisémites qui soient, visant à discriminer les nuevos christianos, impurs, des vieilles familles catholiques espagnoles).
</br>De même, la méfiance et la répulsion qu'inspireront deux siècles plus tard les Juifs Sépharades et Orientaux aux "pionniers" Ashkénazes se nourrira moins de préjugés "naturels" que de considérations "culturelles" d'Européens "civilisés et cultivés", d'une élite intellectuelle voyant débarquer ces gens qui leur apparaîtront avant tout comme des "vilder hayyes" (bêtes sauvages en Yiddish). H.N. Bialik exprimera le plus adéqutement ce sentiment : "je n'aime pas les Arabes, ils me rappellent trop les Sépharades". Cependant, personne n'exprimera mieux la détresse de l'émigrant sépharade qu'un satiriste ashkénaze, Ephraïm Kishon. </br>De plus, cet état d'esprit ne pouvait que se diluer avec les générations, les mélanges de population et les mariages "mixtes".
En conclusion, les courants séfarades et ashkénazes sont de nos jours plus ou moins mélangés géographiquement, tant en Israël qu'en France et dans le reste du monde, sauf pour les États-Unis où les Ashkénazes sont en très grande majorité. </br>Ce mélange est surtout dû aux pogroms et aux départs des pays européens.
En France, la répartition est d'environ 70 % de séfarades, 30 % d'ashkénazes, les deux plus grandes synagogues de Paris étant ashkénaze (Victoires) et sépharade (Tournelles).
Certaines régions du monde telles que l'Afghanistan, l'Inde, la Chine, abritent des communautés juives, souvent réduites et isolées du judaïsme contemporain jusqu'à leur redécouverte au gré du hasard. </br>Par exemple, le premier et piquant témoignage européen de la présence de Juifs en Chine fut donné en 1605 par le Jésuite Matteo Ricci, abordé par un dénommé Ngai, Juif de Kaifeng, qui, ignorant jusqu'à l'existence du christianisme, prit le missionnaire pour un correligionnaire, et une icône de la Vierge à l'enfant pour une représentation de Rebecca et Jacob !
Une fondation pour les tribus perdues s'emploie à les retrouver, comme ce fut le cas pour les Falashas d'Éthiopie.
Au Haut Moyen-Âge, le judaïsme fut la religion officielle de l'empire khazar, qui fondèrent peut-être la ville de Kiev, entre autres. L'existence de cet empire Juif est parfois encore avancé pour expliquer les nombreuses communautés juives du Caucase.
Le judaïsme ne manifeste aucune velléité expansionniste. Il peut accueillir l'individu adulte qui demande à se convertir après avoir longuement examiné ses motivations, mais ne va en aucun cas le solliciter. Les rabbins exigent une forte motivation et une adhésion sincère à la Torah chez ceux qui désirent se convertir. Ainsi la conversion ne peut avoir pour seuls motifs la satisfaction d'un conjoint juif et de sa famille.
Quelques conversions de groupe, plus ou moins spontanées, jalonnent apparemment l'histoire mais elles peuvent correspondre, à l'inverse, à l'assimilation partielle aux populations environnantes de groupes juifs coupés de leurs traditions (légendes des "Dix Tribus" disparues) :
On peut diviser historiquement le judaïsme en plusieurs époques :
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