Image:WangChongYang.jpg Quanzhen Dao (全真道) Voie de la Complétude de l’Authentique ou Voie de la Parfaite Complétude est, avec Zhengyi Dao, l’une des deux plus importantes écoles taoïstes nées à la fin des Song. Le patronage des empereurs Jin et de Genghis Khan, fondateur de la dynastie Yuan, jouèrent un grand rôle dans sa prospérité. Malgré le déclin de sa puissance institutionnelle à partir de la deuxième moitié de la dynastie mongole, elle a laissé un important héritage dans les domaines de la pensée, de l’alchimie, de l’ascèse et des arts martiaux. Le courant Quanzhendao a par ailleurs survécu jusqu’à nos jours dans les très nombreuses écoles qui s’y rattachent, et a retrouvé droit de cité en Chine populaire à travers un nombre limité d’institutions et de maitres autorisés. Par l’intermédiaire du courant Xiantiandao, né au début du XVIIIe siècle, il est à l’origine de la majorité des nouveaux courants religieux chinois.
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Image:Qiu Chuji.jpg L'école fut fondée par Wang Ze (王詰), nom social Zhiming (知明), nom religieux Chongyangzi (重陽子) ou Wang Chongyang (王重陽). Il naquit en 1112 ou 1113 dans une famille aisée du village de Liujiangcun (劉蔣村) près de Hanyang (咸陽) au Shaanxi. Après un échec aux examens impériaux, il dut se contenter d’un poste de petit employé administratif, collecteur des taxes sur l’alcool, qu’il finit par abandonner pour se consacrer à la pratique taoïste. En 1159, il prétendit avoir rencontré dans un estaminet (ou chez un boucher, selon une autre une version de la légende) du bourg de Ganhe (甘河) les célèbres maitres taoïstes Lü Dongbin et Zhong Liyuan devenus immortels, qui lui auraient enseigné la formule alchimique de l’Elixir d’or (jindan 金丹).
Il changea son nom en Chongyangzi, "Double Yang". Il aurait l’année suivante recontré de nouveau l’un des immortels qui lui aurait remis la Note des immortels rencontrés à Ganshui (Ganshui xianyuan lu 甘水仙苑錄), lui donnant des instructions et lui prédisant la rencontre de deux de ses futurs disciples, Ma Yu et Tan Chuduan. Il quitta alors sa famille et devint ermite sur le mont Zhongnan (終南山). On prétend qu’il y creusa en état de transe un trou qu’il nomma "tombe du mort-vivant" (活死人墓), dans lequel il vécut enterré 3 ans. Quand il en sortit, il construisit par-dessus une hutte à laquelle il donna le nom sous lequel son école sera connue : Complétude de l'Authentique et prit le surnom de Wang le fou. Une autre version de sa biographie prétend que le nom de Complétude de l'Authentique était celui du premier lieu de culte que lui bâtirent deux de ses disciples, les époux Ma.
Il rencontra ses deux premiers disciples, Tan Chuduan 譚處端 (nom religieux Changzhen 長真) et Qiu Chuji 丘處機 (nom rel. Changchun 長 1148-1227) , avec qui il commença à prêcher.
En 1167, devant le peu de succès de sa prédication, il mit le feu à son ermitage et partit avec ses deux acolytes propager sa doctrine à Ninghai 寧海 au Shandong. Il y fit la connaissance d’un homme riche, Ma Congyi (馬從義), nom social Yifu (宜甫), nom religieux Danyang (丹陽), qui deviendra son second sous le nom de Ma Yu (馬鈺) ; sa femme, Sun Bu'er (孫不二), deviendra également sa disciple. Trois autres suivront : Liu Chuxuan 劉處玄 (nom rel. Changsheng 長生), Wang Chuyi 王處一 (nom rel. Yuyang 玉陽), et Hao Datong 郝大通 (nom rel. Hongning 広寧). Ces sept premiers disciples seront connus comme les Sept Êtres accomplis du Nord, région d’implantation de l’école (Beiqizhen 北七真), et divinisés.
Après la rencontre de Ma Yu chez qui il s’installa, la doctrine de Wang Chongyang commença à connaitre le succès. En moins d’un an, cinq "congrégations des trois doctrines" s’étaient constituées : les Sept joyaux (sanjiaoqibaohui 三教七寶會), la Fleur de jade (sanjiaoyuhuahui 三教玉華會), le Lotus d'or (sanjiaojinlianhui 三教金蓮會), les Trois lumières (sanjiaosanguanghui 三教三光會) et l’Egalité (sanjiaopingdenghui 三教平等會).
Après trois années au Shandong, Wang Chongyang décida à l’automne 1169 de rentrer au Shaanxi y reprendre sa prédication. Il emmena avec lui Qiu Chuji, Liu Chuxuan, Tan Chuduan et les époux Ma, laissant Wang Chuyi et Hao Datong sur le mont Kunyu (昆崳山). Il mourut peu après aux portes de Kaifeng. Ses disciples ramenèrent sa dépouille dans son village d’origine, où ils firent construire à sa mémoire le Temple de la réalisation du Tao de Chongyang (重陽成道宮) ; ils firent également ériger à Ganhe le Temple de la rencontre des immortels (遇仙宮).
La pensée de Wang Chongyang prétend réaliser la synthèse des trois grandes doctrines chinoises ; elle réunit en effet le li (理), principe suprême du néo-confucianisme au xing (性), nature authentique du bouddhisme Chan et au ming (命), vie éternelle du taoïsme ; on trouve parmi ses textes de référence le Classique de la piété filiale (孝經 Xiao Jing) et le Soutra du diamant.
Il préconisait une vie extrêmement frugale et ascétique, imposant le célibat et le végétarisme, selon une règle inspirée de l’école Chan. L’objectif de la vie monastique restait néanmoins très taoïste, puisqu’il s’agissait plus d’aboutir à l’immortalité en réalisant un travail alchimique sur le corps que de s’affranchir du cycle des renaissances. Pour ce faire, il fallait éviter toute déperdition de qi, énergie corporelle, la plus importante étant causée par l'écoulement de liquide séminal, ou de sang pour les femmes. Il fallait donc s’abstenir de toute relation sexuelle, limiter les pollutions nocturnes, s’efforcer de faire disparaitre les menstruations, ce qui impliquait de sévères restrictions alimentaires et de sommeil.
Hormis l’ascétisme, Wang Chongyang proposait un nombre restreint de techniques, s'appuyant essentiellement sur la méditation silencieuse et l’alchimie interne neidan (內丹) ou neigong (內功), limitant le rôle des très nombreuses gymnastiques légères appelées daoyin (道引), des visualisations et du recours aux potions ou talismans. Les disciples devaient tout d’abord maitriser leur esprit grâce au xinggong (性功), inspiré de la pratique Chan, avant de passer au minggong (命功), alchimie corporelle.
Hao Datong, l’un de ses disciples, faisait également appel aux pratiques dérivées du Yi Jing. Une particularité de l’école Quanzhen est le développement d’une alchimie interne spécialement à l’usage des femmes ; Wang Chongyang et Sun Bu’er composèrent des instructions à cet égard.
Ses disciples rassemblèrent et diffusèrent son oeuvre après sa mort, un recueil de 1000 poèmes intitulé Compilation de la Complétude de l'Authentique (Chongyang quanzhen ji 重陽全真集). Il avait en effet l’habitude de prêcher en vers. Dans l’ensemble de ses écrits, on peut mentionner Les quinze principes fondateurs (Lijiaoshiwulun立教十五論), et pour l’anecdote, Les dix transformations par le partage de la poire (Chongyang fenli shihua ji重陽分梨十化記), écrit pour exorter les époux Ma à se séparer afin de réaliser l'idéal de célibat de l'école ; le "partage de la poire", fenli, est homonyme de "séparation".
A la mort de Wang Chongyang, Ma Yu prit sa succession. L’école étendit ses activités au Shandong, au Hebei, au Shaanxi et au Henan, promouvant l’ascèse préconisée par son fondateur. Elle attira des adeptes, mais rencontra l’hostilité des autorités. Ma Yu finit par rentrer dans son pays d’origine, cédant la place à Tan Chuduan, Liu Changsheng et Qiu Chuji, qui se succédèrent à la tête de la branche principale de Quanzhendao, Longmen, de 1187 à 1219. Pendant cette période, les relations avec les pouvoirs locaux et central s’améliorèrent et l’école prospéra. Des monastères apparurent au Shandong, centre de son domaine d’influence. Son renom réussit à attirer l'attention des empereurs Jin, qui invitèrent trois fois à la cour Wang Chuyi, maitre de la branche Yushan (1187, 1201, 1203) ; Qiu Chuji s'y rendit également en 1188. En 1197, pour renflouer les caisses, l'administration impériale mit en vente des certificats de moine et des autorisations d’ouverture de monastère. Quanzhen Dao se porta acheteur, et le nombre de ses établissements s’accrut encore.
En 1219, Qiu Chuji, déjà âgé, reçut une invitation de Gengis Khan, qui avait pris quatre ans auparavant Yanjing (Pékin); la lettre, datée du 15 mai 1219 a été conservée. Parti en février 1220 avec dix-huit disciples pour Yanjing, Qiu Chuji appris en arrivant que le khan était reparti en expédition en Asie Centrale. Après un an de séjour dans la ville, il se remit en route et rejoignit enfin le conquérant mongol dans le Nord de l' Afghanistan, près de l’Hindu Kush. Le khan lui manifesta un grand respect, le nommant "immortel". Il mit l’école Quanzhen en charge des religions pour l’ensemble de la Chine et exempta tous ses maitres d'impôt et de corvée. Don fut fait à Qiu Chuji d'une partie des jardins impériaux de Pékin et du Monastère du faite suprême (太極觀) qui s’y trouvait.
La légende populaire, qui prétend qu’il convainquit Gengis Khan d’arrêter ses massacres et de se montrer plus clément envers les Han, fait de Qiu Chuji un héros patriote. Son périple est relaté dans le Voyage en Occident de l’Etre véritable Changchun (Changchunzhenrenxiyouji 長春真人西遊記). De retour à Pékin en 1224, il s’installa au monastère que l’empereur mongol lui avait offert. Celui-ci étant assez délabré, Qiu Chuji et ses disciples se mirent en campagne pour recueillir des fonds pour sa réfection. Rebâti, il devint le Temple du printemps éternel (長春宮). A sa mort, en 1227, il fut enterré juste à côté, dans le jardin. Sur sa tombe fut élevé un oratoire à sa mémoire, le Chushuntang (處順堂). Après la destruction du Temple du printemps éternel lors de la prise de pouvoir par les Ming, l’empereur Chengzu fera construire à sa place le Monastère des nuages blancs (白雲觀), qui intégrera l’oratoire rebaptisé Salle du patriarche Qiu (Qiuzudian 邱祖殿).
De la mort de Qiu Chuji à 1368, s’appuyant sur son pouvoir politique et institutionnel, l’école poursuivit son expansion sous la direction de Yin Zhiping (尹志平) et Li Zhichang (李志常). Jusque-là essentiellement présente au Nord du Chang Jiang, elle s’étendit au sud dans les provinces du Jiangsu, Jiangxi, Zhejiang, Hubei et Fujian. Le mont Wudang y devint son principal centre d’activité. Quanzhendao rencontra dans le Sud l’école alchimique Jindan (Elixir d’or), dont les pratiques avaient partiellement influencé Wang Chongyang, et qui revendiquait les mêmes fondateurs qu’elle : Zhong Liquan (鍾離權), Lu Dongbin (呂洞賓) et Liu Haichan (劉海蟾). Jindan, qui n’avait jamais bénéficié d'aucune faveur officielle, décida de fusionner avec Quanzhen, lui amenant deux maitres célèbres, Li Daochun (李道純) et Chen Zhixu (陳致虛).
La cour continuait de manifester son appui à l'école : en 1269, les cinq fondateurs mythiques, Wang Xuanfu (王玄甫), Zhong Liquan, Lu Dongbin, Liu Haichan et Wang Chongyang, dits les "Cinq Patriarches du Nord", furent promus Seigneurs accomplis (zhenjun 真君), second des trois grades réservés aux divinités taoïstes ; les sept disciples de Wang Chongyang furent promus au premier grade : Etres accomplis (zhenren 真人). En 1310, l’empereur Wudi conféra aux cinq patriarches le grade ultime d’Empereur (dijun 帝君) et éleva les sept disciples à celui de Seigneur accompli ; les 18 disciples de Qiu Chuji furent nommés Etres accomplis.
L’école était alors au faite de son importance politique. Des maitres Quanzhen étaient en charge des affaires taoïstes à l’Académie impériale. Parmi les taoïstes célèbres de cette époque, il faut mentionner Wang Zhijin (王志謹), disciple de Hao Datong puis de Qiu Chuji, fondateur de la branche Panshan (panshanpai 盤山派), et Li Daochun (李道純), maitre de la branche Zhong (zhongpai 中派), née indépendamment de Quanzhen Dao et qui décida de se joindre au mouvement.
A partir du milieu de la dynastie Yuan, la puissance de l’école commença à lui porter préjudice. L’administration impériale s’en méfiait, les protestations des autres courants contre sa position officielle à la tête des religions se firent plus fortes, de la part du bouddhisme en particulier. Certains maitres étaient corrompus par la prospérité et le pouvoir. Parallèlement, l’École des Maitres célestes, rebaptisée Zhengyidao (正一道), spécialiste des talismans et exorcismes, voyait son importance croitre.
Quanzhen Dao perdit une dispute engagée avec les bouddhistes autour de La conversion des Barbares par Lao Zi (Laozihuanhu 老子化胡). Cet ouvrage, composé au IIIe siècle par un membre de l’École des Maitres célestes, relatait comment Lao Zi, après être parti vers l'Ouest, était devenu le Bouddha. Régulièrement repris par les taoïstes pour la propagande anti-bouddhiste, il avait fait l’objet d’additions continuelles et totalisait sous les Yuan 10 rouleaux.
Le fondateur des Ming, Zhu Yuanzhang, considérait les activités de Zhengyi comme altruistes et l’ascèse de Quanzhen comme égoïste. Il nomma l’école Zhengyi à la tête des religions
Image:WangChangyue.jpg Quanzhen Dao connut sous les Qing un regain de prestige public grâce à Wang Changyue (王常月), septième patriarche de la branche Longmen fondée par Qiu Chuji. A partir de 1656, il prêcha avec succès au Temple des nuages blancs la "grande règle des immortels" (tianxiandajie 天仙大戒).
Originaire de Changzhi (長治) au Shanxi, Wang Changyue avait pour prénom Ping (平) et pour nom social Kunyang (昆陽). On ignore sa date de naissance, mais son enfance s'est déroulée pendant la période de troubles et de guerres de la fin des Ming, ce qui a pu contribuer à le pousser vers la religion. Ce n'est qu'à l'âge mûr qu'il intégra la branche Longmen de Quanzhen, devenant le disciple du maître Zhao Zhensong (趙真嵩) qui préconisait une vie religieuse faite de sérieux et de dicipline. Sur ces bases, Wang Changyue partit pratiquer le Tao sur le mont Hua.
En 1665 il vint à Pékin et fut admis à partir de 1656 à prodiguer son enseignement au Temple des nuages blancs. Il fit de nombreux adeptes. Il était très apprécié de l'empereur Shunzhi qui lui donna le titre de "Maître national" et lui offrit trois fois l'"habit violet" (ziyi 紫衣), marque de la reconnaissance impériale vis à vis des personnalités religieuses. En 1663, il partit répandre son enseignement au sud du Fleuve Bleu où il établit trois temples, à Nankin, Hangzhou et sur le mont Wudang. De nombreux maîtres du Sud se rallièrent. Il redonna une certaine visibilité à l'école Quanzhen et à l'ensemble du taoisme dont l'influence auprès du pouvoir était en déclin, tout en asseyant la prééminence de la branche Longmen. Il mourut en 1680, après avoir désigné Tan Shoucheng (譚守成) comme successeur. L'empereur Kangxi lui décerna à titre posthume le titre de "Grand Maître qui embrasse l'unité" (Baoyigaoshi 抱一高士), une référence à la synthèse idéologique revendiquée par Quanzhen Dao que l'on retrouve dans sa pensée. Il a été appelé le "père de la renaissance de Quanzhen" (Zhongxingzhizu 中興之祖).
Wang Changyue relança la tradition, initiée par le fondateur de l'école, de la pratique du Tao basée essentiellement sur l'ascétisme et l'alchimie interne, rejetant les visualisations et les aides externes. Mais la similitude s'arrête là, car son originalité principale est d'avoir redéfini l' objectif traditionnel de "longue vie et d'immortalité" (changshengbusi 長生不死) du pratiquant taoïste, en lui donnant une forme plus facilement acceptable par un public très influencé par le confucianisme et le bouddhisme. Selon lui, les pratiques d'alchimie visant à écarter les maladies et prolonger réellement l'existence terrestre sont à proscrire. La mort est inévitable, le Bouddha historique et Lao Zi eux-mêmes n'y ayant pas échappé. Celui qui prolonge indéfiniment sa vie corporelle devient un démon et non un immortel. Il ne faut pas se préoccuper du ming (命), "vie", qui doit naturellement s'achever, mais du zhenxing (真性), "nature authentique", qui seul est immortel.
Les cinq chapitres du Benzhuan (缽鑒), le Chuzhenjielu (初真戒律) intégré à l'Anthologie du canon taoïste (Daozangjiyao 道藏輯要) et le Biyuantanjing (碧苑壇經) intégré à la Collection de livres anciens du pavillon caché (Gushuyinlouzangshu 古書隱樓書) contiennent la somme de son enseignement.
De très nombreuses écoles taoïstes se réclamèrent et se réclament encore de Quanzhen Dao. On distingue dès la mort de Wang Chongyang différentes branches, la principale étant celle des héritiers de Qiu Chuji, Longmen (longmenpai 龍門派) "Portes du dragon". A chacun des six autres disciples est attribuée une branche :
Au début du XVIIIe siècle, naquit le mouvement Xiantiandao, fondé par Huang Dehui (黃德輝) qui se réclamait de Quanzhen dao. l'école est donc par son intermédiaire à l’origine de la plupart des nouveaux courants religieux syncrétistes apparus en Chine et à Taïwan entre la fin du XIXe siècle et la fin du XXe siècle, dont le plus important est Ikuan Tao.
Une des importantes contributions de l’école à l’ensemble du taoïsme est la reconstitution du Canon. En effet, celui des Song était incomplet depuis longtemps et celui des Jin avait brûlé en 1191. En 1224, au retour de son voyage en Asie Centrale, Qiu Chuji chargea Song Defang (宋德方) du travail. L'ensemble, intitulé Xuandubaozang (玄都寶藏), comprenait plus de 7800 rouleaux.
Les principaux temples Quanzhen en Chine sont le Temple des nuages blancs (baiyunguan 白雲觀) de Pékin , le Temple du Yang pur (chunyanggong 純陽宮) au Shanxi et le Temple de Chongyang (chongyanggong 重陽宮) au Shaanxi.
Comme toutes les écoles taoïstes d’une certaine importance, Quanzhen Dao participe de l’univers du kung fu. L’école est présente dans le folklore des arts martiaux, particulièrement à travers les très populaires romans de Jinyong, et les films et séries télévisées qui en sont inspirés. Quanzhen Dao occupe dans ces oeuvres la place peu enviable de secte inférieure cherchant toujours noise aux vrais héros ; les sept disciples et Yin Zhiping sont décrits sous un jour peu flatteur. Le romancier Ni Kuang, ami de Jin Yong, aurait résumé ainsi la situation : «A part Wang Chongyang, tous les disciples de Quanzhen sont des idiots». Dans l’oeuvre de Jin Yong et ses adaptations, la vie du fondateur de l’école mélange détails historiques réels et romance. Présenté comme un patriote, il est traité avec plus d’égards que le reste de son école. Néanmoins, s’il est probable que Wang Chongyang a reçu un entrainement d’art martial, ce n’était pas sa spécialité, et il ne s’impliqua jamais dans la politique. Par ailleurs, en total décalage avec son idéal ascétique, Jin Yong lui prête une histoire d’amour mouvementée avec une héroïne, Lin Chaoyin.
La série de trois romans dans lequel l’école Quanzhen Dao est le plus présent a été traduite en français sous le titre La Légende du Héros chasseur d’aigles.
Il n’est pas rare que les amateurs de littérature de kung fu considèrent la version de Jinyong comme entièrement conforme à la vérité historique.
Jin Yong La légende du héros chasseur d’aigles Editions YOU-FENG , 2004 ISBN 2-84279-101-0 (Volume I)
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